2020, l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées

La pandémie de Covid-19 n’a pas mis sur pause le réchauffement climatique. 2011-2020 est la décennie la plus chaude depuis le début des mesures, a indiqué l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Et, alors qu’elle devrait diminuer de 6% au cours des dix prochaines années, la production d’énergies fossiles va au contraire augmenter, alertent les Nations Unies.

2020, l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées

C’est le genre de record qui risque d’être battu, inlassablement, durant le 21e siècle. 2020 devrait se classer parmi les trois années les plus chaudes jamais constatées depuis 1850, soit le début des mesures. De janvier à octobre, la température moyenne à la surface du globe a dépassé d’environ 1,2 °C celle de l’époque préindustrielle, calcule l’organisation météorologique mondiale (OMM) dans son rapport provisoire sur l’état du climat, publié mardi. L’année qui s’achève (on ne la retiendra pas) pointe actuellement au deuxième rang, derrière 2016 et devant 2019. Quant à la décennie 2011-2020, c’est d’ores et déjà la plus chaude jamais mesurée.

Le ralentissement économique entrainé par la pandémie de Covid-19 n’aura été, tout au plus, qu’une brise passagère pour une planète qui surchauffe. Les émissions de CO2 ont bien baissé en 2020- les estimations préliminaires tournent autour de 4 à 7,5%- mais pas suffisamment. L’humanité continue d’émettre plus dioxyde de carbone que les océans et la végétation ne peuvent en digérer. La concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint 410 parties par million (ppm) ; un niveau inégalé depuis plus de 3 millions d’années, selon Le Monde. Et le phénomène climatique La Nina, un refroidissement du Pacifique équatorial qui fait descendre la température de la Terre, n’aura pas non plus empêché 2020 de battre des records.

1,5 °C en plus pour 2024 ?

Aux premières loges pour témoigner du réchauffement climatique : l’Arctique. Selon l’OMM, les températures ont bondi de plus 5° par rapport à la moyenne en Sibérie. Dans le Grand Nord, la banquise fond à un rythme alarmant ; à l’automne, elle peinait à se réformer, alors même qu’elle avait déjà atteint en septembre sa deuxième superficie la moins importante jamais enregistrée. Autres visages du dérèglement du climat, la multiplication des phénomènes extrêmes. 2020 a eu en effet son lot d’inondations, de sécheresses et de cyclones tropicaux.

Des poussées de fièvre qui sont amenées à se succéder, à mesure que le thermomètre va continuer de grimper. « Il y a au moins une chance sur cinq que la température mondiale dépasse 1,5 °C d’ici à 2024 », a pronostiqué dans un communiqué le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas. Voilà qui complique l’atteinte des objectifs fixés par l’accord de Paris sur le climat (2015), c’est-à-dire limiter le réchauffement nettement en dessous de 2°C et si possible à 1,5°C, par rapport aux niveaux préindustriels.

À contresens

Également publié cette semaine, un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), a justement évalué l’écart entre les engagements de 2015 et la production prévue de charbon, de pétrole et de gaz. L’écart, ou plutôt le grand écart, puisque la production de combustibles fossiles programmée pour 2030 reste beaucoup trop importante pour être « compatible avec une limite de la hausse des températures à 1,5°C ». Pour rester dans la trajectoire tracée par l’Accord de Paris, le monde devrait en effet réduire sa production d’environ 6% entre 2020 et 2030. Avec une augmentation annuelle globale de 2%, l’humanité roule à contresens.

Et les plans de relance mis en place par les gouvernements pour électro-choquer l’économie post-confinements n’ont rien arrangé à l’affaire. « À ce jour, les gouvernements du G20 ont engagé plus de 230 milliards de dollars (..) dans le cadre de mesures COVID-19 en faveur des secteurs responsables de la production et de la consommation de combustibles fossiles, soit bien plus que pour l’énergie propre (environ 150 milliards de dollars) », souligne le PNUE. « Nos recherches montrent clairement que nous sommes confrontés à de graves perturbations climatiques si les pays continuent à produire des combustibles fossiles aux niveaux actuels, sans parler de leurs augmentations prévues », a déclaré Michael Lazarus, l’un des principaux auteurs du rapport.

« La recherche est tout aussi claire sur les solutions à adopter : des politiques gouvernementales qui réduisent à la fois la demande et l’offre de combustibles fossiles et soutiennent les communautés qui en dépendent actuellement », a-t-il ajouté.

Plus d'actualité