Renforcement des contrôles frontaliers: un impact modéré sur les voyages

En accord avec ses voisins, la Belgique va être plus vigilante à ses frontières. Un signal fort envoyé à la population mais qui n’équivaut pas vraiment à une impossibilité de sortir du territoire.

Renforcement des contrôles frontaliers: un impact modéré sur les voyages

L’Europe commence son déconfinement et voilà que rebelote, la question des frontières se pose à nouveau. Ce mardi, le Premier ministre Alexander De Croo a confirmé que les contrôles aux frontières belges seront mis en place. Les cibles: ceux qui partent en vacances à l’étranger. Mais concrètement, que cela signifie-t-il pour les personnes qui seraient tentées de faire une petite escapade en-dehors de la Belgique à Noël? En réalité, ces changements sont somme toute assez limités.

Des contrôles pour éviter que des excès ne se répètent

Pour le moment, la question des départs vers l’étranger ne se pose que peu. Si le Luxembourg n’impose aucune restriction de déplacement, la France empêche même ses propres citoyens d’aller au-delà de 20 km de chez eux sans attestation. Quant à l’Allemagne et aux Pays-Bas, en théorie, tout voyageur belge est obligé de s’y mettre en quarantaine. Cerise sur le gâteau: presque toute l’Europe est classée en zone rouge par le SPF Affaires étrangères, ce qui veut dire que tout Belge qui quitte le pays pendant plus de 48 heures est susceptible de se voir obligé d’entrer en quarantaine au retour sur base de son Formulaire de localisation du passager (PLF).

Cela fait beaucoup de contraintes et pourtant, des problèmes sont déjà constatés. Le week-end dernier, de nombreux Belges se sont rendus dans les magasins néerlandais, notamment à Maastricht, causant quelques tensions entre les deux pays. Et dès le 15 décembre, c’est vers le sud que les regards vont se tourner. À partir de cette date, la France supprimera en effet sa règle des 20 km et permettra la libre circulation sur son territoire. On peut donc imaginer que certains Belges seront alors tentés de partir outre-Quiévrain.

Partir à l’étranger? Oui, mais…

Tout cela explique donc le renforcement de la vigilance aux frontières. Quant à ce que cela veut dire concrètement, le ministère de l’Intérieur nous précise que cela ne change pas sa ligne de conduite sur les voyages en Europe: ceux-ci sont bel et bien autorisés, mais fortement déconseillés. Quelques précisions sont par ailleurs données sur ce qui sera mis en place: «il n’y aura pas de contrôles statiques mais plutôt aléatoires, comme c’est d’ailleurs déjà le cas aujourd’hui. Cela implique un contrôle des documents, de stupéfiant et du PLF. On vérifie donc que les gens ont bien rempli leurs papiers avant de partir», ajoute la porte-parole. Autrement dit, rien ne change véritablement, si ce n’est une consolidation de ce qui existait déjà avant. Et s’il y a de véritables modifications pour les voyages des Belges, c’est plus le fait de décisions propres aux autres pays.

La Belgique s’aligne ainsi sur une déclaration faite aujourd’hui par la Commission européenne. Selon cette dernière, «bien que les voyages en eux-mêmes soient un facteur de risque, la transmission généralisée et étendue du Covid à travers les Etats membres signifie que maintenant, les voyages intra-européens ne représentent pas un risque supplémentaire significatif». D’où la libre circulation au-delà des frontières. Le centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) ne recommande même plus la quarantaine ou le test pour les voyageurs qui reviennent en avion d’une zone qui présente une situation épidémiologique similaire. Les passagers belges restent néanmoins appelés à remplir leurs PLF pour être contrôlés à l’aéroport en cas de voyage de plus de 48 heures, surtout dans les zones rouges.

Donc oui, les Belges peuvent voyager, mais le ministère de l’Intérieur met en garde. «On décourage toujours fortement les déplacements hors des frontières, si ce n’est pour le travail ou pour voir de la famille juste de l’autre côté de la frontière. Ce n’est vraiment pas le but de voir des Belges arriver en nombre ailleurs, comme dans les rues commerçantes de Maastricht il y a quelques jours», tient à ajouter sa porte-parole.

Un consensus de plus en plus fort pour fermer les stations de ski

De plus, si vous pensiez partir au ski à Noël, autant tirer un trait dessus. La France, l’Allemagne et l’Italie se sont mis d’accord pour fermer leurs stations alpines pendant toutes les vacances de fin d’année pour éviter les contaminations. L’Autriche a rechigné à faire de même avant qu’un compromis ne soit finalement trouvé ce mercredi. Ses remontées mécaniques reprendront du service dès le 24 décembre mais les hôtels restent fermés jusqu’au 7 janvier. Et pour être sûr de ne pas attirer les étrangers, jusque début janvier, une quarantaine de 10 jours sera soumise à tous les voyageurs en provenance des pays avec un seuil de 100 cas de Covid-19 pour 100.000 habitants au cours des 14 derniers jours. En d’autres mots, cela revient à n’autoriser que les Irlandais, les Islandais et les Finlandais à aller en Autriche.

Les pays européens mettent désormais la pression sur trois pays pour suivre le mouvement: Andorre, l’Espagne et la Suisse. Le premier doit rendre sa décision à la fin de cette semaine. Un sujet délicat puisque le tiers de son PIB dépend des sports d’hiver. En Espagne, ce sont les communautés qui décident, et plus particulièrement deux qui concentrent une bonne partie des stations de ski espagnoles: l’Aragon et la Catalogne. La première vient de renoncer aujourd’hui à l’ouverture de ses stations mais pas encore la deuxième. Enfin, la Suisse, plus rebelle, compte ne pas fermer ses domaines skiables. Mais la France a prévenu: la vis sera fortement resserrée à la frontière franco-suisse pour éviter un exode de vacanciers chez les Helvètes.

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