Vers une évolution des rôles parentaux grâce à la crise du Covid ?

Tandis que les confinements poussent les hommes à passer plus de temps avec leurs enfants, les entreprises s'ouvrent à des horaires de travail plus flexibles. Certains observateurs y voient un des plus grands changements sociaux depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Belga

La longue crise qu’aura été 2020 va-t-elle donner naissance à un changement de société bienfaiteur ? Certains chercheurs et chefs d’entreprise le pensent. Dans un article du Guardian, certains d’entre eux y voient même un changement profond dans la société, vers plus d’égalité homme-femme. Une évolution similaire à l’ouverture du marché du travail aux femmes après la Seconde Guerre mondiale.

Selon une étude de l’office national de statistiques britannique, le premier confinement aura poussé les hommes à s’occuper plus de leurs enfants et à travailler 37 minutes de moins que d’habitude. En 2015, le temps alloué par les hommes à leur progéniture correspondait à 39% du temps alloué par les femmes. Cette année, ce chiffre est monté à 64%. Cela signifie que, si les femmes sont toujours celles qui s’occupent le plus des tâches familiales, la différence de temps alloué selon les genres se ressert. Cela pourrait pousser à une réévalution permanente du rôle de père au sein de la famille, dit l’article.

Confinement et télétravail

Deux facteurs sont responsables de ces changements, tous deux liés au confinement. Le premier est que celui-ci a poussé les ménages à concilier travail et vie de famille de manière plus égalitaire entre les deux parents. Fini pour le père de se contenter de donner le petit déjeuner à ses enfants avant de partir au boulot pour ne rentrer que tard le soir. A partir du moment où toute la famille était coincée à la maison, une répartition plus égalitaire des tâches familiales s’est faite presque naturellement.

Le deuxième facteur est que le télétravail n’a pas touché que les employés, mais aussi les chefs d’entreprise. Or, ceux-ci ont dû faire face aux mêmes contraintes familiales et reconnaissent aujourd’hui qu’il y a des bénéfices à tirer de proposer des horaires plus flexibles aux employés. Des bénéfices en terme de bien être au travail, mais aussi d’économies. Ainsi, le télétravail pourrait très bien devenir la norme, par exemple, deux jours/semaine. Cela permettrait aux ménages de mieux se partager les tâches familiales.

La crise accélère le changement social

Selon Ann Franck, CEO du Chartered Management Institute (CMI, une institution professionnelle de gestion au Royaume Uni) interrogée par The Guardian : « Le rôle accru des pères est vital pour qu’il y ait une progression de l’égalité homme-femme. Sans progrès de la part des pères à la maison, il ne peut y avoir de progrès chez les mères au travail. Ce sont deux faces de la même pièce ».

Pour Adrienne Burgess du Fatherhood Institute (un think tank qui réfléchit au rôle des pères de famille), « l’Histoire nous dit que lorsqu’un changement social apparaît, c’est souvent une crise qui accélère ce changement. Par exemple, avant la Seconde Guerre mondiale, les femmes entraient graduellement sur le marché du travail et c’est la guerre qui a accéléré ce changement. Je pense qu’on assiste à quelque chose de similaire aujourd’hui avec la plus grande implication des hommes dans l’éducation des enfants ».

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