La Belgique déjà prête pour un déconfinement partiel ?

Dès ce samedi, les magasins « non essentiels » rouvriront en France. Au Royaume-Uni et en Italie, les mesures sanitaires sont en passe d’être allégées pour les fêtes. À l’approche du comité de concertation, ce vendredi, certains plaident pour une réouverture des commerces chez nous aussi. Mais les chiffres de l’épidémie restent encore très hauts.

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Le 28 novembre, le 15 décembre et le 20 janvier. En trois dates, Emmanuel Macron a fixé mardi soir un cap pour le déconfinement de la France. Le président de la République l’a annoncé : dès ce samedi, les commerces jugés non essentiels (l’habillement, les fleuristes, les magasins de jouets ou encore les librairies) pourront rouvrir leurs portes. Le périmètre des déplacements autorisés (limités jusqu’à présent à 1 kilomètre) sera étendu. Ensuite, mi-décembre, les cinémas, musées et théâtres pourront retrouver leur public. Enfin, si la décrue de l’épidémie se confirme, la réouverture des bars, restaurants et salles de sport sera envisagée pour le 20 janvier. Le couvre-feu restera entretemps en vigueur, sauf pour les deux réveillons.

Nos voisins Français ne seront pas les seuls en Europe à voir les mesures sanitaires allégées pour les fêtes. Au Royaume-Uni, les familles pourront se déplacer sans restriction du 23 au 27 décembre ; durant cette période, trois foyers différents seront autorisés à se rassembler au même endroit pour fêter Noel. Et en Italie, les autorités envisagent de laisser les magasins rouvrir pour le shopping de fin d’année.

 Une « île de magasins en faillite » ?

Chez nous, ces déconfinements partiels et progressifs donnent des idées à certains. « Quand je vois ce qui se passe dans les pays voisins, je ne vois pas comment on pourrait ne pas faire quelque chose à notre tour » a ainsi lâché ce mercredi David Clarinval (MR), ministre des Indépendants, au micro de LN24. Depuis quelques jours, le libéral plaide pour que le prochain comité de concertation, prévu pour ce vendredi, entérine la réouverture des commerces le plus vite possible.

Il faut dire que la pression est forte pour aller dans ce sens. « Si vendredi, le gouvernement ne prend pas la décision de rouvrir les magasins, la Belgique ne deviendra pas une île de magasins fermés mais plutôt une île de magasins en faillite, tandis que l’argent belge est dépensé à l’étranger ». La charge est de Dominique Michel. Pour le CEO de Comeos, la fédération du commerce et des services, c’est clair, si « tout reste fermé chez nous, tout le monde ira de l’autre côté de la frontière aussi pour ses achats de Noël ». Selon lui, « ce n’est pas une solution d’un point de vue virologique et il est parfaitement possible de faire du shopping en toute sécurité dans notre propre pays ».

Attendre « décembre, voire mi-décembre »

Du côté des professionnels de la santé, on est un peu plus réservé sur l’opportunité de déconfiner les secteurs commerciaux dès ce week-end. « Les annonces vont dans le sens d’un déconfinement, expliquait Yves Coppieters à Sudinfo. Pour être prudent, il vaut mieux attendre mi-décembre car il y aura beaucoup moins de transmissions par rapport au début du mois. Les petits commerces non-essentiels, en prévision des fêtes et de la vie sociale, devraient rouvrir à cette date, estimait l’épidémiologiste. Même son de cloche du côté de Phillipe Devos, chef des soins intensifs au CHC de Liège. « Les patients en soins intensifs nécessitent 20 jours pour une guérison efficace. La situation dans ces services sera donc très compliquée durant encore une bonne partie du mois de décembre. Je dirais que le non-essentiel ne doit pas reprendre avant le mois de décembre, voire le 14 décembre

Malgré l’indéniable chute des nouvelles infections et des admissions (-33% pour les deux indicateurs en moyenne sur les sept derniers jours) et la baisse des décès (-16%), la situation épidémiologique reste préoccupante. Plus de 5.000 patients étaient encore hospitalisés le 23 novembre, dont 1.168 en soins intensifs. En comparaison avec la première vague, c’est encore trop : en mai, le déconfinement s’était amorcé alors que les hôpitaux accueillaient de l’ordre de 3.000 patients Covid.

Plus réticent que son collègue de la Vivaldi David Clarinval, le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A) est revenu cette semaine sur les chiffres de l’épidémie, jugés « encourageants ». Au micro de la RTBF, il tempérait néanmoins, la situation dans les hôpitaux étant selon lui encore « trop préoccupante que pour assouplir les mesures actuelles ».

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