L’espace reste le terrain de jeu préféré des chercheurs du monde entier

La Chine veut ramener des roches lunaires sur Terre, tandis que l’Europe poursuit sa veille de la montée des eaux depuis l’espace grâce à un satellite. Celui-ci a été mis en orbite par la société américaine SpaceX, qui ne cesse d’innover et faire ses preuves.

Le vaisseau de SpaceX ancré à l'I.S.S. ©AFP

50 ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune, l’espace reste toujours un terrain de jeu sans limite pour les chercheurs des quatre coins de notre planète. Si ce sont plutôt la conquête de Mars ou les découvertes surprenantes qui font les gros titres, des missions moins médiatisées sont régulièrement lancées et n’en restent pas moins intéressantes.

Ce lundi, c’est la Chine qui a envoyé une fusée vers les étoiles. L’objectif : la Lune. Ces dernières années, Pékin a envoyé à plusieurs reprises des hommes dans l’espace, mais cette fois-ci était particulière. En effet, les autorités chinoises ont plutôt l’habitude d’être discrètes sur leurs lancements et de ne communiquer qu’une fois la mission réussie.

Cette fois, le départ a été très médiatisé : diffusion en direct par les médias publics, caméras sur le vaisseau et à l’intérieur de la salle de contrôle… Un véritable événement.

Il faut dire que la mission Chang’e-5 est assez exceptionnelle. Le robot spatial chinois a pour but de ramener des roches et des échantillons de sol lunaires sur Terre. Cela semble facile mais personne ne l’a fait depuis plus de 40 ans. 

Une réussite serait un nouvel accomplissement pour la Chine, seule nation à avoir réussi à poser ses engins sur la surface lunaire depuis le début du siècle. L’un d’entre eux, Yutu-2, étudie toujours la géologie de la lune depuis deux ans. 

Grâce à ses différents succès de ses dernières années, le pays du soleil levant a réussi à se placer parmi les leaders mondiaux de la conquête spatiale. Une position qui devrait encore être renforcée si la mission Tianwen-1, lancée en mars, atterrit sur Mars en 2021 comme prévu.

Surveiller d’en haut

Les engins et autres robots spatiaux ne servent pas qu’à explorer l’inconnue, mais aussi à analyser notre planète. C’est notamment l’objectif du Sentinel 6-A, satellite météorologique européen qui vient d’être lancé dans l’espace le week-end dernier

Le Sentinel 6-A. ©Zumapress

Son rôle est curieusement de surveiller le niveau des mers. Des données qu’on imaginerait plutôt récolter à la surface mais pourtant, de là-haut, il pourra profiter d’une précision inédite. Outre l’augmentation de leur niveau, le satellite devrait aussi cartographier les océans avec une grande fidélité et devrait contribuer à des prévisions météo maritimes plus précises, grâce notamment à la vitesse du vent, la hauteur des vagues ou encore la vitesse des courants.

Cela va faire en fait bientôt 30 ans que la montée des mers est observée en continu depuis si loin. Sentinel-6 monte finalement remplacer son prédécesseur, Jason-3, même s’il est bien évidemment beaucoup plus avancé technologiquement. Pour assurer la continuité de la récolte de données, Sentinel 6-A devrait d’ailleurs être rejoint en orbite par 6-B vers 2026.

Jeune mais efficace

Bien qu’européen, le satellite Sentinel 6-A n’a pas été mis en orbite par l’Agence spatiale européenne elle-même mais bien par SpaceX, grâce à sa fusée réutilisable Falcon 9.

Car si sa personnalité et ses frasques font d’Elon Musk un personnage atypique et une figure clivante, il faut tout de même lui reconnaitre l’exploit d’avoir, en moins de 20 ans, lancé une société d’astronautique privée qui rivalise avec les entreprises historiques et les agences spatiales nationales et internationales. 

Même si SpaceX fait beaucoup parler d’elle pour ses projets avant-gardistes, comme les vols spatiaux commerciaux ou à la décapotable rouge qui flotte dans l’espace, la société a tout de même réussi à devenir un modèle d’innovation et de fiabilité, devenant la première entreprise privée à mettre en orbite puis récupérer un vaisseau spatial, à réutiliser une fusée ou à envoyer un vaisseau vers la Station Spatiale Internationale.

Le dernier exploit de la société date d’il y a quelques jours seulement. Planifiée depuis 4 ans et reportée à maintes reprises, la mission SpaceX Crew-1 a emmené 3 astronautes américains et un japonais de la Terre vers l’I.S.S. avec succès. C’est le premier vol opérationnel de la navette Dragon 2 avec des personnes à son bord, après un test en mai avec 2 astronautes. C’était la première fois que les États-Unis envoyaient par eux-mêmes des personnes sur l’I.S.S. depuis 2011, faisant de SpaceX la première société commerciale à effectuer une telle mission.

Un vol similaire, le SpaceX Crew-2, est déjà prévu pour mars et comptera notamment le Français Thomas Pesquet parmi son équipage. Ensuite, après de nombreux lancements déjà routiniers pour l’entreprise, elle tentera de faire atterrir un vaisseau sur la Lune pour le compte de la NASA en octobre 2021.

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