À contrecœur, Trump donne son feu vert à la transition vers une administration Biden

S’il conteste toujours les résultats du scrutin, le président sortant s’est finalement résolu à lancer le processus de transition avec Joe Biden. L’équipe du démocrate a salué cette étape, permettant « un transfert du pouvoir pacifique et sans accroc ».

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Il aura donc fallu près de trois semaines après l’annonce de sa défaite, pour qu’enfin Donald Trump entame le processus de transition vers la présidence Biden. Lundi, après avoir remercié Emily Murphy, la directrice des services généraux de l’administration américaine (GSA), le président sortant a annoncé dans un second tweet que « dans le meilleur intérêt de notre pays, je recommande qu’Emily et son équipe fassent ce qui doit être fait en ce qui concerne les protocoles, et j’ai demandé à mon équipe de faire de même ». Les protocoles ? L’administration Trump devait officiellement reconnaître que Joe Biden est le « président élu » pour que l’équipe du démocrate puisse recevoir des informations classées secret-défense, ait accès aux budgets prévus pour fonctionner et puisse s’entretenir avec les différentes agences fédérales.

Traditionnellement, les services généraux de l’administration lancent le processus de transition dès l’annonce du nom du vainqueur par les grands médias. Mais cette année, la directrice de la GSA, nommée en 2017 par Donald Trump, n’avait jusqu’alors pas signé la lettre d’approbation nécessaire, arguant qu’il n’y avait pas de « clair vainqueur » du scrutin. « A cause de récents développements impliquant des recours en justice et des certifications de résultats électoraux, je vous transmets cette lettre aujourd’hui pour que ces ressources et ces services vous soient fournis », a  finalement écrit Emily Murphy à l’équipe Biden, dans la lettre diffusée lundi soir par plusieurs médias américains. « Veuillez noter que j’ai pris cette décision de manière indépendante, sur la base du droit et des faits à ma disposition ». « Je n’ai jamais fait l’objet de pressions, directes ou indirectes, d’un responsable d’une branche de l’exécutif quelle qu’elle soit », a-t-elle précisé.

L’équipe Biden en partie connue

Dans un communiqué, l’équipe de Joe Biden a directement salué le feu vert donné par le président, qui permettra de fournir « à la prochaine administration les ressources et le soutien nécessaires pour mettre en œuvre un transfert du pouvoir pacifique et sans accroc ». Le démocrate n’a toutefois pas attendu que son rival malheureux reconnaisse sa défaite pour avancer. Le président élu a ainsi révélé les premiers grands noms de son équipe gouvernementale. Proximité avec l’héritage de Barack Obama, parité et diversité : le casting choisi semble révéler la volonté de Joe Biden de tourner la page des années Trump.

Adjoint du conseiller à la sécurité nationale d’Obama, Tony Blinken, 58 ans, a été nommé au département d’État, et sera le « ministre des affaires étrangères » de Joe Biden. John Kerry, signataire, pour les États-Unis, de l’accord de Paris sur le climat, sera, à 76 ans, l’envoyé spécial du président pour le climat. Avril Haines, 51 ans, sera la première femme à être nommée à la direction du renseignement national, tandis que Linda Thomas-Greenfield, 68 ans, sera la première Afro-Américaine à représenter Washington au sein de l’ONU. Deux autres femmes sont également pressenties pour accéder à des fonctions prestigieuses. Janet Yellen, ancienne présidente de la Réserve fédérale, pourrait obtenir le poste de secrétaire au Trésor ; Michèle Flournoy, une ancienne cadre du Pentagone, pourrait atterrir à la Défense. Alejandro Mayorkas, fils de migrants cubains, a lui été choisi comme secrétaire à la sécurité intérieure.

« Un combat juste » de plus en plus désespéré

Si un pas décisif a donc été franchi dans le passage de témoin avec son successeur, Donald Trump n’a toutefois pas poussé jusqu’à reconnaître la victoire de celui-ci. Le milliardaire a promis de poursuivre son « combat juste », alors qu’il multiplie, sans succès, les recours en justice pour tenter de démontrer des supposées fraudes ayant entaché l’élection du 3 novembre. Une position chaque jour un peu plus difficile à tenir. Lundi, le décompte des résultats au Michigan a été arrêté, confirmant l’avance de Joe Biden dans cet État. Et certains, dans le camp conservateur, ont fini par exprimer publiquement des doutes sur la stratégie de la Maison Blanche. « Arrêtez de jouer au golf et admettez avoir perdu », a conseillé au président le gouverneur républicain du Maryland, Larry Hogan).

Ces derniers jours, le milliardaire a en effet complètement délaissé le Bureau Ovale pour le gazon des greens. Après avoir fait acte de présence au G20, organisé tout ce week-end par visio-conférence, Trump a préféré passer la suite de son samedi à jouer à la petite balle blanche. Selon le magazine Forbes, c’était la 298ème fois qu’il se rendait sur un terrain de golf depuis le début de son mandat.

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