La majorité sexuelle continue de faire débat sur les quatre continents

Alors qu’au Japon, des étudiants du supérieur essayent de faire passer l’âge du consentement de 13 à 16 ans, chez nous, son abaissement à 14 ans revient souvent sur la table. On n'a pas fini de faire le tour (du monde) de cette question.

14 ans: trop tôt ou trop tard ? ©Maxppp

A partir de quel âge est-on apte à consentir à un rapport sexuel ? La question est simple, mais la réponse est source de discussions et de débats selon les pays, les époques ou les croyances. 

Les mœurs sociétales évoluant dans un sens ou l’autre, l’âge de la majorité sexuelle est régulièrement remis sur la table.

Dernièrement, c’est au Japon que la chose est remise en question puisqu’elle est actuellement à 13 ans. Des étudiants universitaires viennent d’ailleurs de remettre une pétition de 40.000 signatures à la ministre de la Justice. L’objectif : faire augmenter la majorité sexuelle à 16 ans.

Une des initiatrices de ce mouvement a expliqué qu’elle ignorait que cet indicateur était si bas dans son pays avant d’avoir étudié le sujet pendant un cours. « Cela m’a vraiment surprise », a-t-elle expliqué au quotidien Asahi Shimbun. « Beaucoup des signataires de la pétition ont également dit qu’ils ignoraient quel était l’âge de majorité sexuelle avant cette campagne. »

Cela signifie qu’au Japon, pour poursuivre quelqu’un d’un crime sexuel perpétré sur une personne de 13 ans, il faudra amener des preuves de violences, ou de menaces. De plus, la victime devra expliquer à quel point elle s’est défendue…

Pour le groupe d’étudiants derrière la pétition, 16 ans est un choix judicieux puisqu’il est plus en phase avec les choix internationaux et que la plupart des adolescents auront terminé l’équivalent japonais du collège ou des premiers degrés de l’enseignement secondaire. Même si, comme le précise la pétition, l’éducation sexuelle ne fait pas partie du programme scolaire obligatoire…

16 ans, trop tard ?

13 ans, cela semble très jeune mais il serait trop facile de mettre cela sur le dos d’une différence de cultures. En effet, bien que la majorité sexuelle soit fixée à 16 ans en Belgique, pour certains, ce n’est pas assez tôt.

L’année dernière encore, l’Open VLD avait déposé une proposition de loi qui dépénaliserait les rapports sexuels entre adolescents consentants âgés de 14 à 16 ans. Pour les porteurs de la proposition, « les jeunes commencent leurs expériences sexuelles de plus en plus tôt, avec des partenaires du même âge, mais souvent aussi avec des partenaires plus âgés. » 

Quelques années plus tôt, de l’autre côté de l’échiquier politique, et de la frontière linguistique, le PS avait déjà proposé d’abaisser l’âge du consentement à 14 ans, mais en fixant une limite de 3 ans maximum entre les partenaires.

En Europe, la majorité sexuelle est à 16 ans dans la plupart des pays. Elle est déjà à 14 ans dans une quinzaine de pays, comme l’Allemagne ou l’Italie et à 15 dans une dizaine d’autres, dont la France. 

Seule une poignée de pays est plus sévère, avec des limites à 17 ou même 18 ans comme au Vatican ou à Malte.

Beaucoup de changement en 150 ans

Ce débat suit naturellement – et suivra toujours – l’évolution des mœurs de chaque pays. Si chez nous, c’est l’abaissement de la majorité sexuelle qui est remise en question, chez nos voisins français, elle n’a fait qu’augmenter.

Elle était à 11 ans au début du XIXe, puis a été augmentée à 13 ans en 1863. Ce n’est qu’en 1945 qu’elle a été fixée à 15 ans et n’a pas bougé depuis. 

Et pour ce qui est des relations homosexuelles, longtemps illégales, elles n’ont pas toujours suivi le même régime. En France, cela ne fait que 38 ans qu’elle est aussi fixée à 15 ans. Idem en Belgique, où l’âge du consentement est le même, quel que soit l’orientation sexuelle, depuis 1985 seulement.

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