Comment les médias US jouent leur rôle de quatrième pouvoir

Pendant que Fox News et CNN mettaient en garde après l'intervention de Donald Trump, d'autres chaînes lui ont simplement coupé la parole quand il a parlé de fraude sans donner de preuve.

Belga

C’est du jamais vu. Le président des Etats-Unis intervient en direct à la télévision… Et les chaînes de télé lui coupent la chique ! C’est pourtant ce qui s’est passé hier dans la nuit – et à heure de grande écoute de l’autre côté de l’Atlantique. Donald Trump faisait sa deuxième intervention depuis l’élection. Et comme durant la première, il a expliqué qu’il y avait eu « fraude » et qu’on lui avait « volé » l’élection. A ce moment, les chaînes ABC, CBS, NBC et MSNBC ont purement et simplement coupé le son pour expliquer, de retour sur le plateau, que Donald Trump accusait sans aucune preuve et qu’aucune fraude n’avait en réalité été reportée dans aucun bureau de vote.

 

MSNBC, qui est une chaîne marquée à gauche, a été la première à couper la parole au président, après tout juste 35 secondes. « Ce n’était pas pour être théâtral, on ne pouvait simplement pas accepter ça, a plus tard lancé son présentateur Brian Williams. [Les accusations de Donald Trump] ne sont fondées sur rien de réel et, au point où notre pays en est, elles sont dangereuses ».

 

 

Du côté de NBC, le présentateur Lester Holt a expliqué que « nous devons interrompre ici parce que le président a fait plusieurs fausses déclarations, notamment qu’il y a eu des votes frauduleux. Il n’y a aucune preuve de cela ».

 

De son côté, CNN a laissé parler Donald Trump tout en inscrivant dans bandeau à l’écran que « Sans aucune preuve, Trump dit qu’il a été volé ». Seule Fox News n’a pas remis en cause Donald Trump durant son discours. Mais après coup, même la chaîne conservatrice a émis des doutes sur la véracité des propos de Donald Trump, expliquant qu’il n’y avait aucune preuve de fraude électorale.

 

Les réseaux sociaux plus attentifs que jamais

 

Sur les réseaux sociaux aussi, la chasse aux fake news est plus importante qu’elle ne l’a jamais été. Même Facebook s’y met. Surtout, l’entreprise de Mark Zuckerberg, qui avait refusé d’interdire les publicités à caractère politique durant la campagne, s’est mis activement à la recherche de groupes créés sur son réseau qui déploient des fake news.

 

Ainsi, le groupe « Stop the Steal » (« Arrêtez le vol ») a été retiré de la plateforme, moins de vingt-quatre heures après avoir été créé. Ce court laps de temps a été suffisant pour qu’une vidéo postée sur le groupe d’un groupe de manifestants « dénonçant » une fraude dans un bureau de vote dans le Michigan, devienne virale, faisant de « Stop the Steal » le groupe Facebook à la popularité la plus rapide de l’histoire du réseau avec plus de 320.000 membres. Sous la vidéo, les commentaires allaient bon dans le sens : « Joe Biden a volé l’élection ».

 

Facebook

 

Ce groupe (parmi bien d’autres dont QAnon, adepte de la théorie du complot) démontre par ailleurs à quel point les groupes créés sur Facebook sont des outils puissants qui peuvent créer un mouvement de masse en très peu de temps… Et propager des fausses informations à très grande échelle en moins d’une journée. Si Facebook semble jouer pour la première fois son rôle de média responsable, des groupes de ce genre se créent et se défont à une vitesse telle qu’il est impossible de tous les repérer.

 

Bref, il est temps que les résultats définitifs de l’élection soient connus pour éviter que les allégations de Donald Trump s’ancrent dans trop de têtes vides…

 

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