Présidentielle américaine: ces États à surveiller

À la veille de la présidentielle américaine, l'issue est incertaine entre Joe Biden et Donald Trump. L'élection se joue dans une poignée d'Etats clés, où tout peut arriver.

L'élection présidentielle américaine approche à grands pas. - BELGA

L’élection de Trump en 2016 l’a douloureusement rappelé aux démocrates: il ne suffit pas de récolter le plus de voix pour être élu président. Dans le système électoral américain, c’est le nombre de grands électeurs qui compte. Celui qui en obtient 270, sur les 538, remporte la victoire. Si certains Etats – et donc certains grands électeurs – restent fidèles à un parti et, de ce fait, présentent peu d’intérêt, d’autres peuvent changer de camp, et donc faire basculer l’élection. Tout se joue dans ces fameux « swing states ». Cette année, ils sont une dizaine à avoir été identifiés comme États pivots, ceux sur lesquels il faudra garder un oeil ce mardi.

La Floride, l’habitué

La course est souvent serrée en Floride. Elle est encore plus incertaine cette année, en raison de la crise du coronavirus. Donald Trump l’avait emporté avec une légère avance en 2016, ce qui laisse de l’espoir pour Joe Biden, donné gagnant dans les sondages. Le swing state traditionnel du sud-est des Etats-Unis est l’un des plus convoités, avec ses 29 grands électeurs.

Le Texas, la surprise

À un jour de l’élection, l’issue du scrutin reste incertaine, même au Texas. Le deuxième Etat le plus peuplé du pays (38 grands électeurs) n’a plus voté pour un Démocrate depuis Jimmy Carter en 1976, mais cette année pourrait marquer un point de rupture, sous l’influence des minorités de plus en plus présentes dans ses grandes villes. Donald Trump y garde tout de même une légère avance sur son adversaire Joe Biden: 48,5% contre 47,4%, selon la moyenne du site d’analyse électorale FiveThirtyEight. Mais l’ancien vice-président de Barack Obama a pris la première position dans les sondages à plusieurs reprises cet été. Preuve que le bastion républicain n’est plus que ce qu’il était.

 

Pennsylvanie, Wisconsin et Michigan, les anciens bleus

Donald Trump avait créé la surprise en 2016 en emportant ces trois Etats traditionnellement démocrates. Il compte bien réitérer sa performance, en dénonçant la gestion de la pandémie par les démocrates, c’est-à-dire le confinement et ses dégâts économiques. Un jeu dangereux puisque le président sortant est lui-même critiqué pour son bilan désastreux dans cette crise.

Pour éviter que l’histoire se répète, Joe Biden, lui-même originaire de Pennsylvanie, tente de reconquérir le vote des ouvriers dans ces Etats du nord-est du pays. Les sondages lui donnent une victoire nette. Ce qui pourrait lui garantir 46 grands électeurs supplémentaires: 20 pour la Pennsylvanie, 16 pour le Michigan et 10 pour le Wisconsin.

Ohio, l’autre indécis

À l’image de la Floride, l’Ohio est un swing state par excellence. Barack Obama en 2012. Donald Trump en 2016. La bataille s’annonce rude entre les deux candidats pour emporter ses 18 grands électeurs. La veille du scrutin, les sondages sont extrêmement serrés, avec un très léger avantage pour Donald Trump (+0,4%). Mais tout n’est pas perdu pour Joe Biden, qui pourrait mobiliser l’électorat noir des grandes villes.

Géorgie, la décisive

Les deux candidats sont également au coude-à-coude en Géorgie, avec une légère avance cette fois pour Joe Biden. Traditionnellement républicain, cet Etat situé au nord de la Floride n’a plus voté bleu depuis Bill Clinton en 1992. Mais un élément important pourrait jouer en la faveur du démocrate: les changements démographiques. Les Afro-Américains représentent désormais plus de 30% de la population dans cet ancien Etat ségrégationniste, et les Blancs y sont fortement diplômés, une communauté qui vote statistiquement moins pour Donald Trump. Remporter ses 16 électeurs pourrait être décisif.

Joe Biden et Donald Trump

Joe Biden et Donald Trump – AFP

Arizona et Caroline du Nord, les violets

Autres terres rouges en danger: l’Arizona et la Caroline du Nord, représentant respectivement 11 et 15 grands électeurs. Pour obtenir un second mandat, Donald Trump ne peut se permettre de perdre la moindre voix puisqu’il ne devrait pas réussir à séduire massivement de nouveaux électeurs. Pourtant, les sondages le donnent perdant dans ces deux anciens bastions républicains, désormais violets en raison de l’accroissement des populations latino dans le premier, et noire dans le second.

Iowa et Minnesota, les « petits »

L’Iowa et le Minnesota sont les Etats pivots comptant le moins de grands électeurs. Mais dans cette rude bataille pour la Maison Blanche, même les « petits » Etats comptent. Le Minnesota est le seul de cette liste à avoir voté majoritairement pour Hillary Clinton en 2016. Cette année, marquée par le meurtre de George Floyd, il devrait donner ses 10 grands électeurs à Joe Biden, qui a près de 10% d’avance dans les sondages. Dans l’Iowa, fortement touché par l’épidémie, l’issue est plus incertaine, même si Trump est donné favori. Depuis 2004, cet Etat du Midwest vote majoritairement pour le candidat qui finit par remporter l’élection. À voir si cette tendance se confirmera ce mardi 3 novembre.

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