Allocation de télétravail : seulement 1 entreprise belge sur 100 l’accorde

Ce n'est pas obligatoire mais les entreprises peuvent indemniser leurs employés pour plusieurs frais liés au travail à domicile occasionnel. Un subside plutôt rare puisque le télétravail ne fait pas partie des habitudes belges et que les employeurs n'en retirent quasi rien. 

Le télétravail augmente les factures du ménage. ©Illustra

L’épidémie poursuivant son cours, les mesures ont été à nouveau renforcées dans l’espoir d’y mettre fin au plus vite. Les Belges se retrouvent donc dans une situation qui ressemble à peu de choses près au confinement du printemps. Retour, donc, au travail à domicile pour tous ceux qui le peuvent.

On y pense peut-être pas immédiatement mais notre présence quotidienne à la maison a un coût : électricité, chauffage et matériel pour ceux qui n’étaient pas assez équipés. Par votre présence sur votre lieu de travail, ces dépenses sont en temps normal indirectement assurées par votre employeur. Si le travail à domicile est régulier, structuré et organisé, l’entreprise doit d’ailleurs prévoir une indemnité pour ces charges.

Lorsque le télétravail est occasionnel, comme c’est le cas pour beaucoup de Belges cette année, cela n’est pas obligatoire. Mais le SPF Finances y a tout de même pensé : toute entreprise peut accorder une allocation au télétravail, non imposable, à ses employés pour couvrir ces frais qui lui reviennent habituellement, appelés « frais de bureau ».

Le barème est le suivant : le maximum est de 129,48€ par mois pour un travailleur à temps plein. Quelques conditions tout de même : télétravailler au moins 5 jours ouvrables sur le mois, dont au moins une fois par semaine ou 8 heures par jours en moyenne. Des objectifs plutôt faciles à remplir en ce moment.

Mais ce lundi, l’entreprise Securex, caisse d’assurances sociales, publie un rapport surprenant : un peu plus d’une entreprise sur 100 seulement offre cette allocation à ses employés. « Entre mars et septembre de cette année, seuls 1,6 % des employeurs belges ont versé une ou plusieurs allocation(s) de travail à domicile à leurs travailleurs. En moyenne, elle s’élevait à 76€ par mois et par travailleur », précise la société spécialisée en ressources humaines. Et sur ce 1,6% d’entreprises, 7,5% ont donné le montant maximum. Un phénomène extrêmement rare donc.

Une aide optionnelle

Pourquoi si peu d’entreprises versent-elles cette indemnité à leurs employés ? « En Belgique, le télétravail n’est pas quelque chose de répandu, ce n’est pas ancré dans les habitudes », estime Yasmina Nouri, legal advisor chez Securex. « Vu les circonstances, beaucoup d’entreprises ont été prises de court. Le télétravail occasionnel a dû être instauré rapidement et beaucoup d’employeurs n’ont pas pensé aux indemnités qui y sont liées. »

Cette allocation n’a rien d’obligatoire. « Les employés peuvent la demander mais l’employeur est libre de la refuser ». Il faut souligner l’entreprise ne gagne rien en la versant. « L’indemnisation est juste exemptée d’impôts et de cotisation ONSS. »

Mais un tel geste peut jouer en terme de communication. « Le fait que l’employeur prenne en compte les dépenses liées au télétravail peut aussi améliorer son image. »

Tout nouveau

Si cette allocation pour le télétravail occasionnel s’accorde plutôt bien avec la crise actuelle, c’est parce qu’elle y est précisément liée. Le SPF Finances ne l’a introduite qu’en mars. En effet, le télétravail régulier reste rare en Belgique, le travail à domicile occasionnel aussi. Enfin, jusqu’à cette année…

Seules deux indemnités existaient depuis 2014 et peuvent toujours être versées : 20€ par mois si vous vous servez de votre connexion internet pour travailler et 20€ supplémentaires si vous utilisez votre ordinateur personnel. Les employeurs les plus généreux peuvent même verser ces deux forfaits à leur employés, s’ils peuvent justifier que ces frais informatiques sont nécessaires en plus de l’allocation de frais de bureau.

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