Elections US: peut-on faire confiance aux sondages ?

Il y a quatre ans, Hillary Clinton était donnée gagnante dans tous les sondages. On sait ce qu'il en est advenu. L'histoire risque-t-elle de se répéter ?

Joe Biden vs. Donald Trump... Réponse le 3 novembre - Belga

On se souvient du fiasco de 2016. A quelques semaines du scrutin, tous les sondages donnaient Hillary Clinton gagnante d’environ 5 points. Un seul, quelques jours seulement avant le vote, laissait entendre que Donald Trump pouvait l’emporter. Personne n’y a cru. Jusqu’à l’annonce des résultats…

Aujourd’hui, tous les sondages donnent Joe Biden vainqueur dans les largesses – il est question de huit points d’écart, parfois dix. Mais peut-on faire confiance aux sondages qui se sont si largement trompés il y a quatre ans ?

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2016, la faillite des sondages dans les « swing states »

Revenons en 2016 et posons-nous la question : les sondages se sont-ils à ce point trompés ? En toute fin de course, Hillary Clinton était donnée gagnante de 3 à 4 points au niveau national. Or, en réalité, elle a gagné le vote populaire de 2 points, devançant Trump de deux millions de voix. Problème, le président des Etats-Unis n’est pas élu au vote populaire, mais par les « grands électeurs », c’est-à-dire, selon les résultats dans les Etats fédérés.

C’est au niveau des Etats que la faillite des sondages a eu lieu. Notamment dans les Etats dit « swing states » qui ne penchent véritablement ni pour l’un, ni pour l’autre candidat. En 2016, trois de ces « swing states » (Wisconsin, Michigan, Pennsylvanie, les Etats de la « rust belt ») ont été remportés par Trump avec moins de 1% d’avance tandis que les sondages donnaient Clinton gagnante avec 2 voire 3% d’avance.

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Aujourd’hui, qu’en est-il ?

Les instituts de sondage sont prudents. Chacun donne Joe Biden largement vainqueur (entre 4 et 10% selon les trois Etats). Et pour s’assurer de ces chiffres, ils offrent un outil qui considère une marge d’erreur « comme en 2016 ». Même si les sondages se trompent autant, Biden reste en tête dans ces Etats. Et d’assez loin. 

Autre changement par rapport à il y a quatre ans : depuis janvier, les  courbes sont claires, limpides, jamais elles ne se sont croisées. Joe Biden est donné vainqueur au niveau national avec une confortable avance. A l’heure qu’il est, selon trois instituts de sondage différents, il a entre 7,5 et 9 points d’avance. A l’inverse, si Hillary Clinton était donnée favorite, les courbes étaient plus serrées et se sont croisées quelques fois. Le doute était permis…

Enfin, et ce n’est pas la moindre des choses, cette année, crise du Covid oblige, une grande partie des votes se font par correspondance. Une semaine avant le jour de l’élection, sur les 150 millions d’Américains appelés à voter, plus de la moitié l’a déjà fait. Les sondages en sont donc plus sûrs. Paradoxalement, c’est peut-être le vote par correspondance qui pourrait poser problème le 3 novembre…

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Biden a besoin d’une large victoire

Donald Trump a déjà annoncé que le vote par correspondance favorisait la fraude et il n’est pas certain qu’il accepte sans broncher le résultat des élections. Certains Etats risquent de compter pendant plusieurs jours, faisant attendre le résultat final. Ce qui risquerait d’amener le chaos dans le pays. Tout cela dépendra de l’attitude de Trump. Et surtout, de l’écart entre les deux candidats.  

Selon Nicolas Labarre, maître de conférences en civilisation américaine à l’université Bordeaux-Montaigne, « Donald Trump a déjà dit qu’il n’accepterait pas les résultats facilement. Si la victoire de Biden est de dix points, ça ira. Mais si elle est de moins de cinq points, que des comptages doivent encore être effectués, il y a un risque réel que le pays tombe dans le chaos. Les éditorialistes  américains n’avaient jamais écrit les mots ‘guerre civile’ jusqu’alors. Depuis deux mois, ils apparaissent dans tous les articles. La bonne nouvelle, c’est que l’armée ne semble pas particulièrement favorable à suivre Trump. Pour autant, il serait bon que les sondages qui donnent Biden vainqueur dans les grandes largeurs se concrétisent dans les urnes ».

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