Cinq jours plus tard, la Flandre durcit finalement ses mesures sanitaires

Fermeture des lieux culturels, restriction des activités sportives, enseignement supérieur à distance… Jusqu’ici réticentes à s’aligner sur la Wallonie et Bruxelles, les autorités flamandes ont décidé mardi soir de redonner un tour de vis pour freiner la progression du virus. Des mesures strictes, mais qui sont censées entrer en vigueur à partir… de vendredi soir.

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Réunis en urgence ce mardi soir, le gouvernement flamand a annoncé des nouvelles mesures pour lutter contre la propagation du Covid-19. Culture, sport, rassemblements : rares sont les secteurs qui ne sont pas concernés.

Culture et commerce:

À partir de vendredi 18heures, tous les lieux culturels devront fermer (salles de spectacles, centres culturels). Seules les bibliothèques pourront rester ouvertes. Les grands événements publics seront interdits. Des décisions strictes, mais acceptées par la cellule de crise du secteur culturel flamand (réunissant des organisations et des institutions culturelles et de l’événementiel subsidiées) : « Les chiffres sont affolants, c’est un fait. Le virus doit être maîtrisé », a estimé la cellule de crise, qui a demandé une « politique complète et ciblée pour ce vaste domaine qu’est la culture, un acteur économique majeur ».

Dans les commerces, les clients ne pourront être accompagnés que d’une seule personne seulement. Marchés aux puces, marchés de Noël et autres sont interdits. Les marchés hebdomadaires sont par contre maintenus.

Sport:

Piscines, centres de fitness et bowlings ( !) devront afficher portes closes. Le sport pour les plus de 12 ans est désormais proscrit, sauf en extérieur et par groupe de quatre tout au plus. Dans le secteur de la jeunesse, les activités impliquant des nuitées sont également interdites. 

Enseignement:

Comme en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), l’enseignement supérieur en Flandre passe en code rouge : le présentiel ne sera plus la norme.

Couvre-feu:

Comparativement aux mesures prises vendredi et samedi en Wallonie et à Bruxelles, les annonces du gouvernement flamand diffèrent sur un point : le couvre-feu. Alors que Wallons et Bruxellois doivent être à la maison dès 22h, les Flamands pourront continuer à sortir jusqu’à minuit. Entre minuit et 5h, le couvre-feu décidé par le fédéral restera donc d’application.

180° en urgence

Jusqu’à mardi, les autorités du nord du pays s’étaient montrées réticentes à prendre le chemin d’un reconfinement, même partiel. Quitte, semble-t-il, à empêcher le comité de concertation de jeudi et vendredi dernier de prendre des mesures plus strictes que celles finalement annoncées. Ce qui a obligé Wallons et Bruxellois à serrer davantage la vis quelques heures à peine après les décisions du fédéral.

Le week-end, le ministre-président Jan Jambon (N-VA) estimait encore qu’il n’était pas de durcir les mesures, et déclarait :« Je ne vais pas arroser ma maison maintenant, pour un incendie qui prendra peut-être la semaine prochaine ». Mais face aux derniers chiffres de l’épidémie en Flandre, ainsi notamment qu’aux appels de plusieurs épidémiologistes, le gouvernement flamand a dû se résoudre à opérer un 180° en urgence. Toutefois, le timing annoncé par l’équipe Jambon, et le début des nouvelles mesures pour vendredi 18 heures, ne convainc pas tout le monde.

Prendre rendez-vous avec les pompiers

« Il est incompréhensible d’attendre jusqu’à vendredi », a jugé la parlementaire flamande Freya Saeys (Open Vld). « Si la maison brûle, c’est maintenant qu’il faut éteindre les flammes ». Un avis également partagé par la cheffe de groupe socialiste Hannelore Goeman. « Le virus croît de manière exponentielle: chaque jour d’hésitation double donc le problème » a quant à elle rappelé Hannelore Goeman (S.pa). « La maison est en feu, mais les pompiers n’arriveront pas avant vendredi soir » a ironisé De Standaard.

Selon Jambon, interviewé mercredi matin sur Radio 1, un délai de deux jours est nécessaire pour traduire les mesures annoncées en réglementations et pour permettre aux secteurs concernés de se préparer. « Mais que ce soit clair : il n’est interdit à personne d’appliquer les mesures dès maintenant » a-t-il ajouté. Bourgmestre d’Aarschot (Brabant flamand) et ex-présidente de l’Open Vld, Gwendolyn Rutten a déjà annoncé vouloir appliquer les mesures dès ce mercredi, 18 heures.

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