Quand le premier vaccin contre le Covid-19 pourra-t-il être distribué ?

La course au vaccin avance à grands pas. Les Anglais se réjouissent de la réponse immunitaire des personnes âgées. Les Américains commencent à tester aussi leur sérum sur des enfants. En Chine, on vaccine déjà avant la fin du testing. Quant au vaccin made in Belgium, il arrivera après les autres, mais serait bien plus efficace.

Qui pourra distribuer ses doses en premier ? ©ZUMAPRESS

Lorsque le Covid-19 est arrivé jusqu’à nous, nous pensions nous en débarrasser facilement, en quelques mois, à grands coups d’efforts collectifs et de mesures sanitaires. Ensuite, un potentiel vaccin nous protégerait pour toujours de ce coronavirus qui a gâché cette année 2020 de tant et tant de façons.

Six mois et quelques rebonds des courbes plus tard, cette fameuse piqûre semble être pour beaucoup la lumière au bout du tunnel, la seule solution pour enfin retrouver un semblant de vie normale. Ce remède est donc plus qu’attendu aux quatre coins de la planète. De nombreux prototypes sont d’ailleurs testés un peu partout, mais quand l’un d’entre eux sera-t-il définitif ? Quand pourrons-nous nous faire vacciner une bonne fois pour toutes ?

Selon Matt Hancock, secrétaire d’état britannique de la Santé, probablement pas avant le printemps prochain, avec une possibilité d’avoir déjà quelques vaccinés à la fin de 2020. « Ce n’est pas à exclure, mais ce n’est pas ce à quoi je m’attends », a-t-il commenté.

Au Royaume-Uni, le laboratoire AstraZeneca et l’Université d’Oxoford, qui travaillent ensemble sur le sujet. Les partenaires ont annoncé ce lundi que les réponses immunitaires face à leur vaccin en développement étaient encourageantes chez les jeunes adultes et les personnes âgées. Des résultats qui « viennent alimenter les preuves quant à la sûreté et la réponse immunitaire du vaccin », selon les propos du porte-parole de la firme, rapportés par Belga. Les réactions indésirables sont également plus faibles chez les ainés, ce qui est plutôt une excellente chose, étant donné qu’ils sont plus propices à souffrir grandement du Covid-19.

Ces constats sont tirés des données issues de la phase 2 du testing de ce vaccin. Il est désormais à l’étape suivante, le testing à grande échelle, la dernière avant de pouvoir être validé et distribué.

Parés pour la distribution

On s’attend à ce que le vaccin d’AstraZeneca soit un des premiers à être autorisé, et donc disponible. Tout comme celui du géant pharmaceutique américain Pfizer. Ce lundi, content de ses résultats sur plus de 30.000 adultes volontaires, le laboratoire a commencé à tester son vaccin sur les enfants de 12 à 18 ans. Ils en ont reçu l’autorisation début octobre par l’administration américaine et d’autres autorités sanitaires.

Pfizer, qui travaille avec les allemands de BioNTech SE, annonce qu’ils devraient être fixés sur la fiabilité de leur vaccin dans quelques jours, d’ici la fin octobre.

L’entreprise américaine a hâte de pouvoir rendre son vaccin public. Dans le Michigan, elle dispose déjà d’un gigantesque dépôt, rempli de congélateurs qui n’attendent qu’une chose : recevoir ces fameuses doses. C’est de là qu’elles seront transportées à travers le monde. L’idée étant qu’une fois que leur vaccin sera approuvé par les différentes commissions d’approbation, la production puis la livraison puisse démarrer le plus rapidement possible.

Pfizer aimerait en distribuer jusqu’à 100 millions de doses avant la fin de l’année.

La Belgique vise le long terme

Du côté de la Chine, on peut déjà se faire vacciner pour environ 250€, mais le vaccin de la société SinoVac n’a pas encore passé la phase 3 de testing. Des versions non-officielles de ce dernier circuleraient également. Des pratiques dangereuses, mais le pays veut redorer son blason à l’international en devenant celui qui sauvera les autres. Le département chinois de la Santé a annoncé qu’une capacité annuelle de plus de 600 millions de vaccins serait atteinte cette année.

Pour ce qui est d’un vaccin belge, par contre, il faudra attendre un peu. Chez nous, on joue plutôt sur le long terme et l’efficacité que la vitesse. « Pour nous, ça sera 2022, je pense », a déclaré Johan Neyts, virologue et chef du laboratoire REGA de la KU Leuven sur RTL-TVI. « Nous avons une technologie différente des autres vaccins. […[ Après une seule dose, il peut donner une protection pour toute la vie. Il peut être actif même après 10 jours ou deux semaines après la première injection. »

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