Le couvre-feu globalement bien respecté en Wallonie et à Bruxelles

A en croire nos zones de police, globalement, Wallons et Bruxellois obéissent aux règles et ne sortent plus la nuit. Mais le message n’est pas encore totalement intégré chez certains. Côté contrôles, les équipes ont dû se réorganiser, généralement sans trop de difficulté.

Dans l'ensemble, les Belges restent bien chez eux le soir. ©Belga

Une des mesures prises par nos gouvernements pour tenter de stopper la propagation du Covid-19 est le couvre-feu. Une règle qu’on a plutôt l’habitude de voir dans nos livres d’histoire ou au cinéma. Elle est désormais bel et bien d’application en Belgique. Mais si c’est quelque chose de totalement nouveau à respecter pour les citoyens, c’est aussi inédit pour les services de police. 

Nous avons voulu savoir si cette interdiction de sortir de chez soi la nuit était bien observée et comment les zones de police ont dû s’organiser pour vérifier cela. 

Dans le sud du pays, dans la zone de police Arlon-Attert-Habay-Martelange, « cela a été relativement bien respecté. A part l’un ou l’autre récalcitrant, rien de très important a signalé », explique le commissaire Michaël Collini, chef de corps. Pour ce qui est des patrouilles, cela fut un peu complexe à mettre en place. « En interne, on a des difficultés puisque des policiers ou des membres de leur famille ont été touchés par le Covid. On souffre donc d’une diminution de l’effectif et notre zone est en déficit structurel depuis des années. On avait donc une équipe supplémentaire sur le terrain tout le week-end, mais on est au maximum de ce qu’on peut faire, puisqu’à côté de ça, la criminalité continue. »

Plus haut, dans la zone Centre Ardenne, qui couvre les régions de Bastogne et Libramont, « globalement, la population suit les règles », annonce le commissaire André Mathieu, chef de corps. « On a quand même été amené à verbaliser à 17 reprises pour non-respect du couvre-feu ou de la distanciation sur le week-end. Nous avons notamment eu un groupe de jeunes qui s’est rassemblé pour jouer aux cartes. »

En interne, l’équipe a été réduite à cause du coronavirus, mais ce n’est le plus le cas. « On a récupéré un peu de capacité. Nous avons eu une crise du Covid plus marquée que dans certaines zones, mais désormais nous avons réengagé des équipes supplémentaires tant la journée que la nuit. »

Des soucis en moins

En bord de Meuse, dans la zone de police des Arches, qui s’occupe d’Andenne et des communes alentours, « cela se passe relativement bien », commente le chef de corps, le commissaire Stéphane Carpentier. « Nous avons quand même dû mettre quelques PV : quelques personnes pas au courant, d’autres qui revenaient de chez des amis et qui avaient mal calculé leur coup… Mais il y avait surtout des gens qui avaient de bonnes raisons d’être sur la route et aucun gros souci. »

Faire respecter cette nouvelle mesure n’a pas posé de problème organisationnel. « Pas spécialement », confirme le commissaire. « Le week-end, nous avons déjà un effectif plus conséquent en soirée. Il a procédé aux contrôles d’usage. Nous ne l’avons pas renforcé car nous avons constaté dès les premiers jours que la règle était bien respectée. Il faut dire qu’avec ce couvre-feu, plein d’autres problèmes n’existent pas, comme les accidents au petit matin, causés par des personnes qui ont bu par exemple. »

Dans le Brabant wallon, dans les communes de Nivelles et Gemappe, on annonce 12 PV pour non port du masque, et 21 pour non-respect du couvre-feu. « C’est quand même un gros chiffre pour un week-end », précise le service Communication de la police.
Dans cette zone, c’est le service Prévention qui a effectué des patrouilles Covid, tandis que le service Roulage a organisé des contrôles routiers axés tant sur l’alcool que sur le respect du couvre-feu. 

« Certains ne se rendent pas compte »

Dans les grosses villes aussi, la règle du couvre-feu a bien été appliquée.

« Rien à dire », affirme David Quinaux, porte-parole de la zone de police de Charleroi. « Les citoyens la respectent de façon surprenante. Nous avons eu très peu de verbalisation. La grande majorité des gens qui circulent après l’heure limite sont ceux qui rentrent du travail. »

Pour vérifier que les règles étaient respectées, les patrouilles ont été déplacées dans le temps. « Les inspecteurs de proximité qui travaillaient de l’après-midi à la soirée, patrouillent désormais de la soirée à la fin de la nuit. Ils sont renforcés par le peloton de sécurisation et d’ordre public, qui a des horaires flottants et dont la priorité est la lutte contre le Covid. »

A Bruxelles-Capitale et Ixelles, le couvre-feu était toujours fixé à minuit ce week-end, mais on a aussi réorganisé les équipes. « Nous avons une équipe pour le respect des mesures Covid, mise en œuvre depuis le début du couvre-feu et dont les horaires ont adaptées selon les mesures en vigueur. Il est clair qu’on a mis en place plus de patrouilles », explique Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone de police. 

Sur ce territoire, il y a eu 90 PV la semaine du 19 au 25 octobre pour non-respect du couvre-feu. « On constate que des gens ne rendent pas encore compte de l’importance de ces règles. Surtout qu’à partir d’aujourd’hui lundi, le couvre-feu passe à 22h. J’insiste et je lance un appel : nous sommes dans une phase très inquiétante, respectons les mesures dans l’intérêt de tous pour un avenir plus positif. »

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