Une Belgique plus divisée que jamais

Les mesures annoncées par le Comité de concertation ce vendredi ont été suivies de près par un tour de vis supplémentaire de la Wallonie et Bruxelles. De quoi semer la confusion.

Elio Di Rupo, le 23 octobre - BELGA

Bienvenue en Belgique où la lasagne institutionnelle donne lieu à des scènes surréalistes, comme celle dont nous avons été témoins ce vendredi. Alors que certains sont déjà perdus au milieu de ces annonces qui s’enchaînent, les citoyens ont dû encaisser des mesures différentes et successives sur une seule et même journée. Le matin, le Fédéral et les Régions chassent l’option d’un nouveau lockdown prônée par les experts au profit de quelques règles supplémentaires. Le Premier ministre Alexander De Croo veut attendre l’effet des mesures prises vendredi dernier. La ligne directrice est claire: « montrer de la constance et ne pas changer sans arrêt de stratégie ». Le soir, pourtant, la Wallonie fait cavalier seul et durcit son arsenal anti-Covid.

Que des mesures plus strictes soient prises localement n’a rien d’étonnant – c’est même rassurant pour certains – puisque la Wallonie est l’une des régions les plus touchées d’Europe, « la Lombardie de la deuxième vague ». Ce qui dérange plutôt, c’est que ces mesures contradictoires soient portées par les mêmes responsables. À Namur, Elio Di Rupo a annoncé d’emblée « un reconfinement partiel », mot que lui et ses confrères avaient pris soin d’éviter quelques heures plus tôt à Bruxelles. En montrant un pays désuni, les politiques ont torpillé leur appel à la solidarité nationale, créant encore un peu plus de confusion dans la population.  

Les nouvelles mesures wallonnes

Déçus par les mesures prises par le Comité de concertation, les gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont annoncé un tour de vis supplémentaire. À partir de ce samedi, et ce jusqu’au 19 novembre, le couvre-feu est étendu de 22h à 6h du matin. Un horaire qui risque de perturber les activités culturelles. Dans les commerces, il est demandé de limiter à 2 le nombre de personnes qui peuvent faire leurs courses ensemble, sans compter les enfants de moins de 12 ans.

Les visites sont toujours autorisées dans les maisons de repos, mais elles sont limitées à maximum un visiteur par résident, le même pendant quinze jours. Pour renforcer les équipes médicales dans ces maisons de soins et dans les hôpitaux, le gouvernement wallon a lancé un appel aux infirmiers à domicile et aux étudiants des écoles d’infirmiers, d’aides soignants et étudiants en médecine.

Côté enseignement, le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR) a, lui aussi, changé de discours. L’ensemble des cours de l’enseignement supérieur se tiendra désormais à distance. La mesure vise également les bacheliers de première année, pourtant épargnés par le Comité de concertation. Seuls seront acceptés dans les locaux les travaux pratiques, les stages et certains cours artistiques.

Différence aussi au niveau du sport. Tous les entraînements et les compétitions amateures sont suspendus pour les plus de 12 ans. Les salles de sport sont fermées jusqu’au 19 novembre.

Bruxelles durcit le ton

Ce samedi, Bruxelles a suivi l’exemple de sa voisine wallonne, en ajoutant d’autres mesures restrictives. À partir de ce lundi 26 octobre, et jusqu’au 19 novembre, le port du masque devient obligatoire sur tout le territoire bruxellois. Comme en Wallonie, le couvre-feu est également étendu de 22h à 6h du matin. Les commerces devront fermer à 20h, avec l’obligation de faire ses courses seul. Les services de plats à emporter sont, eux, autorisés jusqu’à 22h.

Rudi Vervoort, le ministre-président de la Région bruxelloise, a également annoncé la fermeture des lieux culturels, des salles de sport et des lieux récréatifs, comme les casinos. Toutes les compétitions sportives amateurs sont également interdites, mais les entraînements sont maintenus pour les moins de 12 ans, tout comme les stages.  

Concernant les événements, les cérémonies funéraires sont autorisées avec un maximum de 15 personnes, tandis que les mariages civils et religieux se dérouleront seulement en présence des conjoints, de leurs témoins.

Une Flandre inflexible

En Flandre, c’est plus simple: rien ne change. Sans complément, les mesures du Comité de concertation restent d’application, à savoir la fermeture des parcs d’attractions, la suspension des compétitions sportives amateurs pour les plus de 18 ans ainsi que le nombre d’étudiants limité à 20% en présentiel dans l’enseignement supérieur.

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