Et si on s’autoconfinait?

Pourquoi devrions-nous attendre les politiques pour nous imposer une mesure qui nous semble juste et directement applicable?

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Le cri d’alerte des experts n’a pas été entendu. Il n’y aura pas de nouveau lockdown, en tout cas pas pour l’instant. Seule la Wallonie a prononcé le mot « reconfinement » vendredi soir, mais celui-ci sera « partiel ». La situation est pourtant inquiétante, tout le monde le sait. Ces dernières 24 heures, la Belgique a enregistré 585 nouvelles hospitalisations, s’approchant dangereusement du pic de la première vague (629) atteint le 28 mars, soit dix jours après le début du confinement strict. Cela signifie qu’à l’époque, malgré un pays à l’arrêt, il avait fallu plus de dix jours pour infléchir la courbe. Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans le même cas de figure. On connaît mieux le virus, certes, mais le personnel soignant est épuisé et les mesures en vigueur actuellement sont moins restrictives. Celles prises vendredi dernier mettront encore quelques jours avant de produire leur effet. Ce qui nous laisse le temps de battre ce triste record.

C’est pourquoi les experts sont déçus par les nouvelles mesures, annoncées successivement ce vendredi et ce samedi, qu’ils estiment « insuffisantes ». Sur Twitter, ils  ont appelé les citoyens à agir à leur échelle et à sensibiliser leur entourage. « Il est minuit moins une. Votre influence peut sauver des vies, nos hôpitaux sont au bord du gouffre », alerte Marius Gilbert, dans l’espoir d’atteindre celles et ceux qui ont décroché. « Oui, la situation dans les hôpitaux est une bonne excuse pour annuler le dîner chez les copains ce soir », rappelle Emmanuel André. Yves Coppieters propose, lui aussi, d’« adapter les recommandations officielles par un confinement volontaire, le plus possible et en dehors des activités essentielles ».

Devenir acteur de la lutte contre le coronavirus

Depuis le début de la crise sanitaire, les politiques en appellent à la responsabilité de chacun. Il est temps de s’en servir pour appliquer la mesure qui nous semble juste, sans attendre que ces derniers ne nous l’imposent: l’autoconfinement. Tout est mis en oeuvre pour pouvoir s’isoler spontanément pendant minimum quinze jours, et ainsi participer à la solution. Il ne manque plus que la volonté. Car l’avantage de cette option réside dans le fait qu’elle soit consentie, et non forcée. Les citoyens redeviennent ainsi acteurs de la lutte contre le coronavirus.

Les avantages…

C’est peut-être ce qu’il faut lire entre les lignes de l’appel à la solidarité nationale du gouvernement Vivaldi. Avec un confinement volontaire, sans l’imposer à tous, on préserve les personnes fragiles, et participe à l’honorable objectif du non-confinement: éviter les dégâts psychologiques et économiques. Car, on le sait, le Covid-19 tue, mais le confinement aussi.

… et les inconvénients

Reste à savoir si cette suggestion par défaut des experts sera suffisante pour casser l’escalade des contaminations. Il y a des doutes, car reposer la responsabilité uniquement sur le comportement des citoyens a ses limites. Celles-ci sont d’ailleurs déjà visibles aujourd’hui: un relâchement dans le respect des règles, alors que les autorités n’ont pas retenu les leçons de la première vague. L’annonce d’un reconfinement semble être la seule option qu’il nous reste pour atteindre cette cible réfractaire aux mesures. Mais elle actera définitivement l’échec de la stratégie belge.

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