Ce qu’il faut savoir avant le prochain comité de concertation

Un nouveau comité de concertation se tiendra ce vendredi. Faut-il s’attendre à un nouveau tour de vis? Faisons d'abord le point sur la situation.

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke - Belga/STEPHANIE LECOCQ

Les annonces et les mesures s’enchaînent pour tenter de freiner la propagation du coronavirus en Belgique. À tel point qu’il est difficile parfois de s’y retrouver… et donc de les prendre au sérieux. Avant le nouveau Comité de concertation prévu ce vendredi à 14h, un rappel s’impose: où en est l’épidémie en Belgique?

Les hôpitaux en mode « crise »

Il n’est plus possible de nier la gravité de la situation actuelle. Beaucoup de choses ont changé depuis mars: on teste plus, on connaît mieux la maladie, on en meurt moins. Mais le virus est toujours là, et les hôpitaux se remplissent toujours de manière exponentielle. Ce jeudi, la Belgique a franchi le cap des 3.000 patients actuellement hospitalisés pour le Covid-19, dont 525 sont traités aux soins intensifs. Un chiffre alarmant puisque cela représente plus de 25% de la capacité belge. D’ici le 26 octobre, tous les hôpitaux du pays seront passés en phase 1B, à savoir que la moitié des 2.000 lits en soins intensifs seront réservés aux malades covid, délaissant un peu plus les autres maladies. En province du Luxembourg et Namur, le réseau hospitalier Vivalia prépare même son passage en phase 2A, soit 60% des lits en soins intensifs réservés aux patients Covid. L’objectif de « vivre avec le virus », fixé initialement à 15% des lits de soins intensifs, est déjà loupé.

Pire encore, il faut compter au moins deux à trois semaines pour voir l’impact des nouvelles mesures, entrées en vigueur ce lundi. On annonce pourtant que le seuil des 1.000 lits sera dépassé d’ici la fin du mois. Deux fois plus à la mi-novembre (le record de la première vague de 1.285 lits occupés serait dépassé aux alentours du 4 novembre). D’où la nécessité de prendre des mesures supplémentaires pour enrayer cette croissance et éviter la saturation.

dans un hôpital belge

– BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Vers un reconfinement?

Il y a urgence. Vu la flambée des hospitalisations, les scientifiques n’hésitent plus à prononcer le mot que personne ne souhaitait entendre: « reconfinement ». « C’est la seule option qu’il nous reste », estime Emmanuel André. « Je ne vois pas comment on pourrait faire autrement », assure Marius Gilbert. Les entreprises s’y opposent, craignant une explosion de faillites. À choisir, les commerces non-essentiels préfèreraient un reconfinement maintenant plutôt qu’en décembre, afin de sauver la période des achats de Noël. « Il faut trouver un scénario plus fort qu’actuellement mais qui ne soit pas le lockdown complet », tempère Yves Coppieters, pointant les effets négatifs d’un tel scénario sur la santé mentale et l’économie.

Le Fédéral veut à tout prix éviter un confinement strict, avec la fermeture complètes des écoles, pour les mêmes raisons. Mais aussi parce que cela représenterait un échec majeur pour la classe politique. Le sujet ne serait donc pas à l’ordre du jour ce vendredi. En revanche, le prochain Comité de concertation se penchera sur les protocoles des différents secteurs, et devrait valider le tant attendu baromètre de l’épidémie.

Code orange pour l’enseignement

Plusieurs mesures sont tombées cette semaine concernant l’enseignement obligatoire et supérieur. Face au regain de l’épidémie, les universités et hautes écoles ont décidé d’enclencher le code orange, sauf pour les étudiants de première baccalauréat. En Fédération Wallonie-Bruxelles, les écoles passent, elles, en code orange « adapté ». À l’image de ce qui a été décidé en Flandre, cela signifie que l’enseignement présentiel restera bien la règle pour tous les élèves de primaire et de secondaire du sud du pays. Des cours à distance peuvent toutefois être prévus dès la 3e secondaire, mais à condition que tous les élèves disposent du matériel adéquat pour pouvoir y participer.

dans une école belge

– BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Cette « hybridation » des cours pourra être appliquée soit à toute une école, à toute une classe, voire à un seul cours en fonction des décisions qui seront prises par les directions d’écoles. « Nous avons décidé d’être le plus flexible possible », a expliqué la ministre de l’enseignement Caroline Désir mercredi, renforçant en même temps les mesures sanitaires valables dans les écoles. Celles-ci seront d’application dès la fin des vacances allongées de Toussaint, soit à compter du 12 novembre prochain.

Test et quarantaine

Une autre stratégie a été revue, celle du testing, afin de soulager les médecins et laboratoires débordés. Voici ce qu’il faut retenir à présent: les personnes asymptomatiques ne seront plus testées, mais devront respecter une quarantaine de 10 jours. Même chose pour les voyageurs revenant d’une zone rouge. Qui peut donc se faire tester? Les personnes avec symptômes, les membres du personnel soignant, les plus de 65 ans et les collectivités dans lesquelles il y aurait eu au moins deux contaminations avérées. Ces décisions seront valables jusqu’au 15 novembre inclus, avant d’être réévaluées en fonction de la situation.

Plus d'actualité