Covid-19: Vers une nouvelle stratégie de testing

Le chaos du testing est-il bientôt derrière nous? Face aux laboratoires et médecins submergés par la demande, la Belgique va revoir sa stratégie. Quelques pistes sont déjà évoquées.

Au nouveau centre de tests à Gosselies - BELGA/NICOLAS MAETERLINCK

« Tester, tester, tester », préconisait, dès le mois de mars, l’OMS pour lutter contre le coronavirus. Sept mois plus tard, ce conseil, repris avec succès par certains pays, est un échec en Belgique: on teste trop et mal. Résultat: devant les centres de prélèvement, c’est l’embouteillage. Certains ferment pour respirer et rattraper le retard, d’autres appellent les personnes asymptomatiques à rester chez eux et laisser la priorité aux malades. Les médecins et les laboratoires sont débordés. Et le délai pour obtenir le résultat du dépistage est trop long. Un Belge sur deux doit attendre plus de 24 heures, selon Le Soir, ce qui casse la chaîne testing-tracing, pourtant indispensable pour détecter les foyers de contamination et freiner l’épidémie. D’où l’importance de revoir la stratégie.

Nouveau plan d’attaque

« Le testing et le tracing manquent d’efficacité », alertait déjà il y a une semaine Yves Coppieters sur le plateau de la RTBF. « Il ne faut pas tester un maximum de gens, mais il faut tester les bonnes personnes avec les bonnes méthodes », conseillait dimanche sur RTL Fabrice Bureau, vice-recteur à la recherche de l’Université de Liège, appelant à prendre en compte son invention, le test salivaire. Sollicités à tout bout de champ, les médecins généralistes tiraient déjà la sonnette d’alarme fin septembre.  

Leur appel a été entendu. Enfin. Le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke a annoncé l’élaboration d’un nouveau plan d’attaque, qui se retrouve ce lundi sur la table de la conférence interministérielle. D’après les informations du Soir, cette nouvelle stratégie en matière de tests repose sur deux volets: tester mieux et multiplier les méthodes de dépistage.

dépistage de covid-19

53.200 tests ont été réalisés chaque jour en moyenne, entre le 12 et 18 octobre, avec un taux de positivité de 14,7% à l’échelle nationale. – BELGA/ERIC LALMAND

Tester de manière plus réfléchie

Ainsi, « on doit tester ceux qui présentent des symptômes et les asymptomatiques dont on a des arguments pour penser qu’ils pourraient être porteurs. Pas simplement pour soulager l’inquiétude de personnes anxieuses », insiste au quotidien l’immunologue Michel Goldman. Pour soulager les laboratoires et les médecins à bout de souffle, il faut éviter les tests inutiles, en se concentrant davantage sur les groupes prioritaires et moins sur les asymptomatiques qui ont couru peu de risques.

Suite au cri d’alerte des généralistes, les autorités sanitaires auraient également décidé de les soulager de certaines tâches administratives, chronophages et énergivores, comme les certificats pour incapacité de travail ou quarantaine scolaire, dans le but de pouvoir se concentrer sur les malades.

Des méthodes de tests supplémentaires

À propos de cette nouvelle stratégie, Frank Vandenbroucke avait déjà annoncé dimanche qu’elle combinerait plusieurs types de tests. Au test PCR – le plus fiable, celui utilisé depuis le début de la pandémie – viendrait s’ajouter le test antigène. 500.000 ont déjà été commandés ce week-end en urgence par la Belgique. Moins sensibles que les tests PCR, ils ont l’avantage de livrer un résultat plus rapidement, dans un délai de quinze à trente minutes. Problème: cela mobilise toujours autant les laboratoires puisque les cas positifs doivent tous être vérifiés.

Autre piste? Les tests salivaires. Moins sensibles que les tests PCR et moins rapides que les tests antigènes, ils peuvent être réalisés par tout un chacun, à la maison, sans intervention de personnel médical. Ils sont également moins désagréables. Pas besoin ici d’enfoncer un long coton-tige au bout du nez, il suffit simplement de cracher dans un tube et d’attendre quelques heures pour savoir si on est contaminé ou pas par le coronavirus. Si les avantages du test salivaire ne sont plus à prouver, reste à savoir si cette méthode sera remboursée.

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