La descente aux enfers de Georges-Louis Bouchez

Le président du MR est capable de coups de génie mais aussi d'inspirations malheureuses. Les erreurs de ces derniers jours pourraient-elles lui coûter son poste?

Georges-Louis Bouchez. - BELGA PHOTO HATIM KAGHAT

Deux jours après l’annonce du nouveau gouvernement fédéral, la colère ne désemplit pas. Le casting ministériel de Georges-Louis Bouchez irrite, jusqu’au sein même de son propre parti. Deux raisons: la nomination de Mathieu Michel, frère de Charles et fils de Louis, et la bourde commise en tentant de replacer Denis Ducarme.

En désignant Mathieu Michel au poste de secrétaire d’Etat à l’Agenda digital, le président du MR n’a pas anticipé les critiques à propos d’une éventuelle influence de cette dynastie politique sur le parti. Pire encore, le libéral a voulu écarter la ministre wallonne Valérie De Bue pour recaser le ministre fédéral sortant Denis Ducarme, lui aussi fils d’un ancien président du parti, avant de faire marche arrière, contraint de respecter un décret qui impose un tiers de femmes dans l’exécutif. Résultat: Valérie De Bue reste en place, mais le mal est fait. La crédibilité du jeune président est entachée.  

« Nous sommes plus qu’un quota »

Après ce jeu de chaises musicales, les élues wallonnes ont adressé un message fort à Georges-Louis Bouchez. « Si certains pensent qu’ils peuvent faire sans nous, ils se trompent », écrit la ministre socialiste Christie Morreale. « Nous sommes plus qu’un quota », lance l’écologiste Céline Tellier. La principale concernée a, elle aussi, réagi, plus sobrement. « #Girlspower », a commenté Valérie De Bue, partageant une photo prise par le ministre libéral Jean-Luc Crucke « pour la bonne cause ».

Gestion humaine critiquée

Réputé pour faire cavalier seul, Georges-Louis Bouchez est critiqué pour avoir, une fois de plus, pris cette décision sans réelle concertation. Valérie De Bue aurait été prévenue au tout dernier moment de son éviction du gouvernement wallon. Willy Borsus et Jean-Luc Crucke ont découvert le remaniement régional en même temps que la presse. Les libéraux liégeois sont eux aussi furieux de n’avoir aucun représentant fédéral ou wallon. La confiance est rompue.

Sur la sellette

Ces « bourdes » ne sont pas sans conséquence. Après avoir déjà perdu des plumes avec le fameux clash des derniers jours des négociations fédérales, le président du MR serait sur la sellette. Sa démission serait souhaitée par plusieurs poids lourds du parti, rapporte La Libre.  Son sort devait être décidé ce lundi, lors de la prochaine réunion du bureau de parti. Il pourrait tomber plus tôt. Outre la démission, d’autres pistes sont évoquées comme la mise sous tutelle ou une co-présidence. Georges-Louis Bouchez parviendra-t-il à éteindre l’incendie qu’il a lui-même provoqué?

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