Débat Trump-Biden: deux Amériques qui ne savent plus se parler

Le premier débat des élections présidentielles américaines a donné une piètre image des Etats-Unis. Beaucoup d'accrochages, mais peu d'idées en sont sorties...

Trump/Biden - CNN

Une empoignade. Voilà à quoi a ressemblé  le premier débat entre Joe Biden et Donald Trump. Le président sortant s’y était préparé comme s’il s’agissait d’un match de boxe. C’en fut un, mais de piètre qualité. Comprendre que les coups étaient bas et que les idées n’ont pas fusé. A la place, la logorrhée du président cherchant à déstabiliser son adversaire. Ce qu’il a bien failli réussir à faire.

Il y eut quelques moments où Joe Biden a semblé perdre son sang-froid : « Tu vas la fermer, oui ? », « Impossible d’en placer une avec ce clown… Pardon, cette personne ». Mais le démocrate a tenu bon, est resté calme, s’adressant à la caméra plutôt qu’à son adversaire et plaçant ça et là quelques mots de son programme politique. Sera-ce suffisant ? Pas sûr.

Si Joe Biden reste en tête dans les sondages, ce débat n’a montré ni vainqueur, ni vaincu. Chacun est resté retranché sur ses bases électorales qui sont de plus en plus polarisées. C’est surtout cela que le débat a mis en lumière : deux Amériques distinctes au point de ne plus savoir se parler. Deux Amériques de plus en plus à couteaux tirés… A point tel que Donald Trump n’a pas voulu affirmer clairement qu’il se retirerait s’il perdait l’élection…

Le vote noir pour faire la différence ?

Les jeux sont en tout cas loin d’être faits. S’il semble y avoir moins d’indécis qu’il y a quatre ans, la clé pourrait bien venir de la communauté noire. En 2016, en effet, celle-ci s’était moins déplacé que d’habitude pour aller voter. C’était la première fois depuis vingt ans que la mobilisation afro-américaine diminuait lors d’une élection. Résultat, Hillary Clinton et les démocrates avaient perdu de très peu deux Etats qui leur étaient pourtant favorables : le Wisconsin et le Michigan.

Cela était-il dû à la stratégie de campagne de Donald Trump ? Une note de son équipe vient en tout cas de fuiter, qui révèle que Trump et son équipe ont ciblé des millions personnes via les réseaux sociaux et utiliser leurs données personnelles pour vaincre. C’était déjà connu. Mais parmi ces cibles électorales se trouvaient 3,5 millions de Noirs américains qu’il fallait « dissuader » d’aller voter. Difficile de dire s’il s’agit d’un effet direct de cette stratégie, mais les faits sont là : les Afro-Américains ont moins voté en 2016 et Donald Trump a gagné.

Le vote noir est donc primordial pour Joe Biden. Bien que la population noire représente seulement 13% de la population des Etats-Unis, sa mobilisation (ou non) pourrait faire la différence, ne fut-ce que dans les deux Etats perdus par Hillary Clinton en 2016.

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