Pourquoi tombons-nous plus facilement malade en hiver ?

Il est de coutume de penser que c'est parce qu'il fait froid. Eh bien pas du tout ! Que ce soit le rhume ou la grippe (ou le covid), les virus se moquent du temps qu'il fait.

Belga

Avec la rentrée, la pluie, le vent, le mauvais temps… et les nez qui coulent. Les symptômes du rhume et de la grippe risquent de se confondre avec ceux du coronavirus. De quoi rajouter de la confusion à la confusion. Or, si les virus semblent voyager de la même manière, ce n’est pas du tout tel qu’on le croit. Avoir un rhume ne signifie pas « prendre froid », malgré ce qu’on dit.

Les chercheurs se sont évidemment posés la question. Pourquoi tombons-nous plus facilement malade en hiver ? Et c’est peu dire que les réponses ne sont pas claires. Plusieurs théories qui ne valent que ce qu’elles valent – c’est-à-dire qu’elles n’ont pas été prouvées :

– la baisse des températures augmenterait la production de muqueuse, ce qui affaiblirait le système immunitaire (ce qui n’est ni clair, ni très logique) ;

– des températures peu élevées ajoutées à une faible humidité seraient propices au développement des virus (ce qui est encore moins clair et encore moins logique, surtout si on considère que dans les régions tropicales, le contraire est aussi vrai) ;

– le manque de lumière et donc de vitamine D qui abaisserait le système immunitaire (ok, pourquoi pas, mais il doit bien avoir autre chose qui expliquerait ces épidémies à répétition, non?)

En vérité, aucun lien de cause à effet n’a été démontré entre le facteur météo et la propagation du virus. La météo n’a pas grand-chose à voir avec les infections. Ou alors, de manière indirecte. C’est ce qu’écrit le philosophe en sciences médicales Maël Lemoine dans son ouvrage éclairant intitulé « Petite philosophie du rhume ». Si nous tombons plus facilement malade en hiver, c’est parce qu’en hiver, on est beaucoup plus collés les uns aux autres dans des espaces clos qu’en été. Le vrai coupable, c’est la promiscuité.  

Le vrai coupable : la promiscuité

Vous vous souvenez, les « super contaminateurs » ? Et bien, c’est pareil. Des soirées dans des bars bondés, danser dans club collés les uns aux autres, prendre le métro par heure de pointe, faire son marché en Chine avec 10.000 autres personnes entouré d’animaux domestiques et sauvages… Le coronavirus nous aura au moins appris cela : les virus, qu’ils soient celui de la grippe, du rhume ou du covid, se propagent d’autant plus facilement que la promiscuité entre les gens, les genres et les espèces est grande. C’est ce que Maël Lemoine appelle « La théorie du confinement ». Un mot devenu tendance en 2020…

Le philosophe ajoute néanmoins que l’humidité, l’absence de lumière ou le froid peuvent jouer un rôle  dans la propagation du virus, mais très secondaire. En tout cas, la météo n’est en aucun cas le responsable des maladies qui nous assaillent. « En bref, vous avez peut-être plus de chances d’être contaminé par un ami enrhumé en lui serrant la main sous un ciel gris et pluvieux que dans la chaleur ensoleillée d’une belle journée, mais vous n’attraperez aucun rhume en restant seul sous la pluie et dans le vent froid. Pas de virus, pas de rhume ».

Reste cette question. Si le virus du rhume (comme les autres) se propage tout au long de l’année, le pic arrive généralement au mois de septembre. Pour quelle raison ? Parce qu’il pleut ? Ce n’est pas le cas chaque année. Non, septembre, parce que c’est la rentrée des classes ! « La forme de la courbe s’explique bien mieux par la dynamique des interactions entre les enfants, et entre les enfants et leurs parents, que par les variations du climat ».

Sur ce, bonne rentrée et surtout, « ne prenez pas froid »… Enfin, on se comprend !

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