Ce que l’on sait de l’attaque à l’arme blanche près des anciens locaux de Charlie Hebdo

Au moins deux personnes ont été blessées ce vendredi à Paris, près des anciens locaux de Charlie Hebdo, en plein procès des attentats meurtriers qui l'avaient notamment visé en janvier 2015. Deux suspects ont été interpellés.

Un important dispositif a été déployé - AFP

L’événement ravive de douloureux souvenirs. Ce vendredi matin, une attaque à la machette s’est produite à Paris, près des anciens locaux de Charlie Hebdo. Au moins deux personnes ont été blessées, selon un bilan revu à la baisse. Il s’agit, selon plusieurs sources françaises, de deux chargés de production travaillant pour l’agence de presse Premières Lignes. « Ils ont été blessés par un homme qui était dans la rue devant les anciens locaux de Charlie Hebdo. Une de nos salariés a vu cet homme courir avec une lame de boucher ou une machette après un de nos collaborateurs qui était déjà blessé et même ensanglanté », a expliqué la journaliste Elise Lucet qui collabore avec l’agence dans le cadre du magazine d’information Cash Investigation, rappelant que « la plupart des collaborateurs de Premières Lignes Télévision ont déjà vécu l’attaque des frères Kouachi contre Charlie Hebdo il y a cinq ans ».

Un périmètre élargi a été établi autour des anciens locaux de Charlie Hebdo pour un colis suspect. Mais après vérification par le laboratoire central de la préfecture, aucun engin explosif n’a été détecté dans le colis suspect. Un vaste dispositif policier avait rapidement été déployé afin de retrouver l’auteur ou les auteurs de l’attaque. De nombreux policiers avec des armes lourdes, des gilets et des casques, arpentaient les rues du XIe arrondissement, entre les véhicules de CRS et de pompiers. Les écoles, crèches et résidences seniors du quartier sont fermées.

Des pompiers dans les rues de Paris

– AFP

Deux suspects interpellés

Cette agression serait le fait d’une seule personne, a précisé la préfecture de police de Paris. Peu après l’attaque, vers 12h30, un suspect a été interpellé près de la place de la Bastille, les vêtements en sang. Un deuxième a été interpellé dans le métro parisien et placé en garde à vue en début d’après-midi.

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a été saisi et une enquête a été ouverte pour « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Menaces contre Charlie Hebdo

Cette attaque survient en plein procès des attentats meurtriers de janvier 2015, qui avaient visés Charlie Hebdo. Le journal satirique faisait à nouveau l’objet de menaces depuis qu’il a republié les caricatures de Mahomet le 2 septembre, à l’occasion de l’ouverture de ce procès historique.

En réaction, près d’une centaine de médias ont publié mercredi une lettre ouverte appelant les Français à se mobiliser en faveur de la liberté d’expression. « Aujourd’hui, en 2020, certains d’entre vous sont menacés de mort sur les réseaux sociaux quand ils exposent des opinions singulières. Des médias sont ouvertement désignés comme cibles par des organisations terroristes internationales », pouvait-on lire dans cette lettre intitulée « Ensemble, défendons la Liberté ».

En début de semaine, la directrice des ressources humaines de Charlie Hebdo, Marika Bret, avait été exfiltrée de son domicile en raison de menaces jugées sérieuses. « Anéantie », elle a qualifié l’attaque de ce vendredi de « nouveau coup de massue ». « Il n’y a qu’un seul mot : l’horreur. »

Plus d'actualité