Les CPAS craignent « l’effet retard » de la crise

La fédération des CPAS wallons s’attend à une augmentation de minimum 15% de demandeurs du revenu d’intégration sociale (RIS) d’ici à 2022.

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Ils constituent le dernier filet de protection sociale, et sont donc en première ligne dans la lutte contre la crise sanitaire. Ou plutôt, dans la lutte contre les conséquences sociales de la crise sanitaire. Les centres publics d’action sociale (CPAS) ont dû, depuis mars, répondre aux difficultés de ceux que le Covid jetait dans la précarité, malgré le chômage temporaire « corona » ou l’élargissement du droit-passerelle. Les 200 millions d’euros en aides complémentaires distribués via les CPAS n’auront également pas été de trop, afin d’amortir au maximum l’impact de la chute des étudiants-jobbistes en difficulté, des travailleurs des secteurs de la culture ou de l’horeca.

À terme, ce matelas ne sera toutefois pas suffisant. À l’occasion de sa rentrée politique, ce mercredi, la fédération des CPAS wallons s’est inquiétée de l’impact à retardement de la crise sanitaire. Faillites et licenciements pourraient en effet menacer durant de longs mois encore, bien après que le chômage temporaire « corona » ait pris fin (il est prolongé jusqu’au 31 décembre, pour les secteurs particulièrement touchés par la crise).

Anticipant « l’effet retard » de la crise, la fédération s’attend à une hausse de minimum 15% du nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS) d’ici à 2022, sans compter les aides sociales complémentaires (interventions dans le paiement de factures, avances sur allocations, etc.). Une augmentation significative, alors qu’on recense déjà 70.000 bénéficiaires du RIS en Wallonie et plus de 150.000 en Belgique.

En 2021 aussi

Pour faire face, les CPAS wallons demandent donc à pouvoir s’appuyer « sur des politiques soutenantes à l’égard des publics fragilisés ». Et réclament plus de moyens : c’est près de 22 millions qui manqueraient aux 262 CPAS du sud du pays. De quoi embaucher les 680 équivalents temps plein qui feraient défaut. « Nous demandons à ce que les budgets libérés par le fédéral [125 millions d’euros, ndlr] pour faire face aux conséquences sociales de la crise Covid puissent courir jusqu’en 2021 inclus », indique en outre la fédération, pour qui « les conséquences sociales seront en effet, surtout perceptibles dans les mois qui viennent ».

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