Océan arctique : la fonte de la banquise proche de battre un très dangereux record

D’après les scientifiques, la surface de la banquise n’a été qu’une seule fois si réduite depuis 1979. Si le réchauffement climatique continue à ce rythme, la glace du pôle nord pourrait bien fondre tous les étés d’ici une quinzaine d’année.

Un reste de la banquise, il y a quelques semaines... ©Reuters

Les scientifiques du NSIDC (Centre national de données sur la neige et la glace), de l’Université de Boulder, dans le Colorado (USA), viennent de publier un rapport plus qu’alarmant.

La banquise de l’océan arctique vient d’atteindre son étendue minimale pour 2020, avec 3,74 millions de km². Tous les hivers, elle se forme à la surface de l’eau, et l’été, une partie fond. C’est normal. Mais pas autant…

Depuis que cette surface est surveillée, à savoir 1979, 2020 déroche la médaille d’argent de la superficie la plus petite. En effet, depuis 42 ans, il n’y a eu qu’une seule année où ces étendues de glace ont atteint une taille plus réduite qu’aujourd’hui. C’était en 2012, après une tempête en fin d’été.

En orange, la surface moyenne de la banquise, entre 1981 et 2010. ©NSIDC

Qu’est-ce qui explique cette fonte record ?

Pour le directeur du NSIDC, nous ne sommes pas dans une année comme les autres, surtout côté chaleur. « C’était une année folle dans le Nord, avec la banquise qui est proche d’un triste record, des vagues de chaleurs en Sibérie et d’immenses feux de forêt », détaille Mark Serreze. « L’année 2020 restera un point d’exclamation sur la courbe de l’étendue glaciaire en Arctique, qui continue de descendre. On aura bientôt un Océan arctique sans glace de manière saisonnière, et cette année est un pas de plus vers cette issue. »

Ce sont surtout ces vagues d’air chaud provenant de Sibérie entre la fin août et début septembre qui ont joué un rôle déterminant dans cette diminution de la surface de la banquise. Entre le 31 et le 5, la perte en glace a été la plus rapide jamais enregistrée. Pour les experts, ces chaleurs sibériennes sont évidemment à mettre sur le dos du réchauffement climatique.

A noter qu’il est tout de même possible que la fonte se poursuive, si, malheureusement, les conditions sont réunies. Le NSDIC devrait rendre un rapport définitif au début du mois d’octobre, avec une analyse fouillée des causes de cette fonte exceptionnelle et qu’attendre de l’hiver qui arrive.

Quelles conséquences pour l’Arctique ?

Tout d’abord, comme le disait le directeur Mark Serreze, la banquise « du pôle Nord » pourrait totalement disparaitre en été, et cela dès 2035.

Elle joue pourtant un rôle déterminant pour protéger la Terre du réchauffement climatique, mais si elle se met à rétrécir, nous rentrons dans un cercle vicieux. « Elle réfléchit moins la lumière du soleil, absorbe plus de chaleur et sa capacité à limiter les échanges de chaleur entre l’atmosphère et l’océan est moindre… ce qui, en retour, n’est pas bon pour le thermomètre et nous expose davantage aux effets des dérèglements climatiques », explique Greenpeace, dont une équipe se trouve actuellement dans l’océan Arctique dans le but de mesurer le recul de sa banquise et d’étudier la vie marine de la région. « En Arctique, les conséquences du changement climatique sont donc amplifiées. »

Enfin, une disparition estivale de ces étendues glaciaires serait évidemment dramatique pour l’ensemble de la faune arctique : ours, pingouins, phoques, etc. « Ces chiffres de la diminution annuelle de la banquise met notre inquiétude pour la stabilité de cet environnement en alerte rouge », a commenté Tom Foreman, expert en faune polaire et guide arctique, au Guardian.

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