Covid-19: Vers le code orange dans l’enseignement?

Les cas de Covid-19 se multiplient dans les écoles, plusieurs ont déjà fermé leurs portes. Le milieu scolaire va-t-il basculer d'un code jaune à orange?

Retour à l'anormal pour les élèves. - Belga

La hausse des contaminations est visible dans tout le pays, ainsi que dans les écoles. Entre la première et la deuxième semaine de cours, le nombre de cas positifs confirmés est passé de 60 à 354, selon le rapport hebdomadaire de l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE). Soit près de six fois plus. Cette évolution peut paraître impressionnante, mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter, rassure certains experts: les infections dans les écoles se multiplient, mais restent faibles. « Le nombre de cas signalés est actuellement de l’ordre de 36 cas pour 100.000 élèves scolarisés en enseignement fondamental et secondaire », indique l’ONE, précisant toutefois que ces chiffres « sont à considérer dans le cadre d’une semaine d’école complète avec l’ensemble des élèves et sont encore en dessous de ce qui est attendu étant donné le niveau épidémique actuel dans la population belge ».

La propagation du virus a déjà conduit à la mise en quarantaine de 2.110 élèves et enseignants, contre 496 personnes à la première semaine de la rentrée scolaire. Environ deux tiers des élèves écartés sont des élèves de secondaire, en quarantaine suite à un contact étroit à l’école avec un élève positif, souligne l’ONE.

Des fermetures injustifiées?

Fait plus rare: la fermeture des écoles. Six établissements ont déjà été entièrement placés en quatorzaine. Derniers en date: deux écoles secondaires de la commune de Molenbeek. La décision est tombée ce jeudi, suite à l’apparition d’un cluster parmi les professeurs. Quatre d’entre eux sont positifs, sur soixante au total. La veille, c’est une école primaire de Schaerbeek qui avait fermé ses portes pour la même raison : cinq enseignants contaminés en une semaine. À Rebecq, la rentrée a été de courte durée aussi pour les enfants des écoles primaires de Quenast, fermées pour deux professeurs et zéro élèves testés positifs.

Caroline Désir visite une classe lors de la rentrée scolaire

© BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

Ces fermetures, parfois jugées « excessives », sont le reflet d’une complexité institutionnelle et d’un protocole qui n’est pas forcément clair pour tous. Lequel ne prévoit qu’un seul cas de mise en quarantaine automatique d’une classe entière: en maternelle, lorsque l’enseignant est testé positif. La fermeture d’une classe peut en outre avoir lieu, en maternelle, primaire et secondaire, si la classe comporte deux cas positifs, uniquement après consultation de l’autorité régionale compétente en matière de santé. Pour éviter des fermetures en cascade et limiter les mises en quarantaine au strict nécessaire, les ministres de l’Éducation et de la Santé de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Caroline Désir et Bénédicte Linard, ont tenu à rappeler jeudi dernier cette procédure. « Toute décision de fermeture de classe s’éloignant de ce protocole peut avoir pour conséquence que des élèves se retrouvent en quarantaine sans motif sanitaire, avec des effets préjudiciables quant au bon déroulement de leur scolarité », ont-elles averti dans leur communiqué.

Des parents inquiets et en difficulté

Pour l’instant, rien que pour les six écoles fermées, près de 1.600 élèves se retrouvent à la maison. Ce qui n’arrange pas les parents. Entre le travail et la garde improvisée de leurs enfants, ces derniers se retrouvent rapidement en difficulté. C’est pourquoi la Ligue des familles plaide pour un congé spécifique pour les parents concernés. Sans succès. « Depuis la rentrée, le nombre de parents en difficulté s’accroît chaque jour et du côté politique, c’est le calme plat, comme si la situation allait se résoudre par elle-même. Ce n’est pas le cas: il y a urgence », alerte Christophe Cocu, directeur général de la Ligue des familles. « Si, quand une école ferme, les parents doivent mettre les enfants chez leurs grands-parents parce qu’ils n’ont pas d’autre solution, cela n’a aucun sens pour la santé publique. Si l’on veut que ces mesures sanitaires soient utiles, il est indispensable de donner à chacun les moyens de les faire respecter. »

Les conséquences du code orange

Face à la hausse de contaminations – qui restent toutefois faibles -, la question se pose: le code jaune (risque faible) en milieu scolaire va-t-il évoluer? Pour Yves Van Laethem, il est fort possible que des codes orange (risque modéré) soient déclarés localement dans les prochains jours. Avec quelles conséquences? Dans le fondamental, elles seraient minimes. Les élèves de maternelle et primaires continueraient à fréquenter l’école cinq jours par semaine, sans enseignement à distance. Des restrictions limiteraient toutefois la présence de tiers dans l’établissement et les activités extra-muros seraient suspendues. À partir de la troisième secondaire, par contre, cela signifierait seulement 2,5 jours en classe par semaine, le reste à distance. Dans le supérieur, le passage au code orange limiterait à 20% le nombre maximum d’étudiants présents en même temps sur le campus, contre 75% en code jaune. On n’en est pas encore là, mais décidément cette rentrée scolaire sera tout sauf normale.

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