Vers un congé parental pour garder les enfants en quarantaine ?

C’est le souhait de la Ligue des familles et de plusieurs syndicats, qui anticipent la multiplication des fermetures de classe pour cause de Covid-19.

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Ils sont 210 enfants de maternelle placés en quarantaine à Ixelles, 40 élèves à Eghezée, 23 à Courtrai… Dans certaines écoles du pays, la rentrée a été de courte durée. Des classes ont dû temporairement fermer, Covid oblige. Combien ? Même du côté des ministres compétentes en Fédération Wallonie-Bruxelles (Caroline Désir pour l’Éducation et Bénédicte Linard pour la Santé), on semble avoir du mal à quantifier précisément le phénomène. Selon Le Soir, on dénombrerait tout de même une dizaine de fermetures de classe à ce jour.

Dans un communiqué commun, Ligue des familles, les syndicats FGTB, CGSLB et les Femmes CSC anticipent et s’inquiètent d’une potentielle multiplication de ces fermetures de classes, dans les semaines ou les mois à venir. Pour les parents concernés, la gestion des enfants renvoyés à la maison pour raisons sanitaires pourrait en effet s’avérer vite problématique. « À ce stade de l’année, note Ligue et syndicats, de nombreux parents n’ont plus ou plus assez de congés payés à prendre pour pouvoir s’occuper de leurs enfantsLe recours aux grands-parents, personnes à risque, n’est pas recommandé. Les solutions de garde pour enfant malade ne sont pas accessibles, puisque l’enfant n’est pas malade (et potentiellement à risque de Covid-19) ».

Et puis, tous les parents ne sont pas en mesure de télétravailler, ou ont beaucoup de mal à le faire, avec Emma ou Timothée dans les pattes. C’était d’ailleurs déjà le constat de la Ligue des familles, qui durant une bonne partie du confinement, avait plaidé pour un congé parental « corona ». Jusqu’à, on s’en souvient, obtenir gain de cause ou presque, auprès de la ministre fédérale de l’Emploi Nathalie Muylle (CD&V).

Un congé prolongé et upgradé ?

Les modalités du congé parental « corona » sont censées prendre fin au 30 septembre. De toute manière, pour la Ligue et les syndicats, la mesure ne « représente pas davantage une solution : la rémunération est extrêmement faible [532,24 euros brut pour un mi-temps, NDLR], il faut l’accord de l’employeur, et le congé ne peut pas être pris à temps plein ». Dès lors, les signataires appellent le gouvernement fédéral à « s’appuyer sur divers mécanismes existants (congé prophylactique, congé parental, chômage temporaire…).

Avec un mot d’ordre : « renforcer l’indemnisation ». « Il n’est pas admissible qu’en cas de fermeture de classes, les parents y perdent financièrement s’ils absentent du travail alors qu’ils n’ont pas d’autre solution pour faire garder leurs enfants », juge la Ligue des familles et les syndicats, qui estiment également nécessaire la mise en place d’une protection spécifique contre le licenciement, « à l’instar de ce qui existe pour le congé de maternité ».

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