Triste bilan pour les soldes d’août : la moitié des commerces serait en péril

Après cette période de soldes plus qu’inhabituelle, les différentes organisations et fédérations tirent chacune leur bilan : tous négatifs. Selon l’UCM, un magasin sur deux pourrait mettre la clé sous la porte avant l’été 2021.

Prolonger les soldes ? Tous les organismes ne sont pas pour.

Dans les rues, manteaux, écharpes et autres pulls épais commencent à prendre leur place dans les vitrines des magasins. Ca y est, la période des soldes d’été est finie. Bonne ou mauvaise chose ? Difficile à dire.

L’année a été très compliquée pour le secteur du commerce, et particulièrement pour celui du prêt-à-porter. Le bilan de ces soldes, exceptionnellement aoûtiens, va dans la même direction.

Du côté de Comeos, la fédération belge des commerçants, on signale une diminution de 40% de la fréquentation et de 35% du chiffre d’affaires par rapport aux soldes de juillet 2019. En cause selon elle, « des mesures sévères anti-corona durant les premières semaines et le report de la période ». En effet, le renforcement des règles de sécurité à quelques jours du lancement des soldes a été accueilli comme un coup de massue par le secteur.

« La baisse du chiffre d’affaires n’est pas seulement due aux mesures plus strictes, mais aussi au report des soldes. Un grand nombre de clients ont fait leurs achats en juillet à l’étranger, tant en ligne que dans les magasins physiques », explique Kathy Bergen, Sector Manager Fashion chez Comeos.  

Selon elle, les soldes doivent rester immuables dans le calendrier. « Leur report a créé une confusion chez les consommateurs. C’est une tradition bien ancrée pour beaucoup de Belges : en juillet, ce sont les soldes d’été, en janvier, ce sont les soldes d’hiver. Déplacer les soldes d’hiver serait néfaste pour le commerce. »

50% des magasins en péril

Du côté de l’Union des Classes Moyennes, on tire un bilan tout aussi négatif.

« À peine un quart des commerçants est satisfait de la période de soldes qui s’achève. Les ventes sont globalement en recul de plus de 20 % par rapport à l’année dernière, alors que les stocks étaient très importants et les pourcentages de réduction élevés dès les premiers jours », indique l’UCM.

D’après leurs enquêtes, un commerce sur deux pourrait mettre la clé sous la porte avant l’été prochain. « À la question « pensez-vous que votre commerce est en péril d’ici juin 2021 ? », il y a 49,4 % de « oui ». Les commentaires attirent l’attention sur la baisse du tourisme : la restriction des voyages a un impact sur la fréquentation des magasins. La période des fêtes de fin d’année sera décisive pour certains. S’il n’y a pas de retour à un shopping normal, ce sera le coup de grâce. »

Même son de cloche pour le Syndicat Neutre des Indépendants. « Les 339 commerçants interrogés cette semaine par le SDI font état d’une période de soldes extrêmement décevantes. La majorité des détaillants (69%) déplorent une baisse de 35 à 40% par rapport à aux soldes de l’été 2019. Les mesures liées à la crise sanitaire du Covid-19 sont le plus souvent incriminées, à savoir l’obligation de faire ses achats masqué, seul, dans des commerces à moitié vides et dans un délai de 30 minutes. »

Quelles solutions ?

Face à ces conclusions, le SDI réclame « des mesures urgentes pour permettre au secteur de trouver une solution à l’important stock d’invendus ». Elle propose notamment « une prolongation des soldes pendant le mois de septembre ».

Mais le syndicat est, semble-t-il, seul à favoriser cette idée. Du côté de Crea Moda, fédération belge de la Mode, « on ne peut pas vendre tout au prix le plus bas tout le temps ».

« Les magasins ont trop de stock et vont devoir trouver des solutions, comme l’outlet ou donner une seconde vie aux vêtements », explique Wendy Luyckx, la porte-parole. « On ne peut pas revendre les mêmes vêtements la saison ou l’année prochaine, mais on ne peut pas non plus tout brader tout le temps. Sinon on va se retrouver avec des Black Friday, des réductions du matin au soir… Il est préférable de se focaliser sur des moments spécifiques dans l’année. » L’important serait donc les aides de l’état, comme la continuation du droit passerelle.

C’est ce qu’on pense aussi du côté de l’UCM, où les commerces ne semblent pas favorables à des soldes prolongés. « D’après notre enquête, les magasins préféreraient faire plutôt table rase de cette période difficile et se relancer avec la nouvelle saison », explique Clarisse Ramakers, directrice du service Etudes et Lobby. « Ce qui doit vraiment changer, c’est le climat. On va vraiment devoir apprendre à vivre avec ce virus, avec précaution, pour continuer d’avancer et éviter de faire des marches arrières avec les mesures de sécurité. »

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