Premières réinfections au Covid-19, dont une en Belgique

A Hong-Kong, aux Pays-Bas et chez nous, des chercheurs ont découvert des patients infectés une seconde fois par le coronavirus. La séquence génétique des virus ayant changé entre-temps.

Plusieurs personnes ont été recontaminées après avoir guéri du Covid-19. ©Belga

« Ça va, j’ai eu le Covid, je ne risque plus rien ! » Une phrase qu’on entendait souvent au début de cette crise sanitaire, le plus souvent dans la bouche de jeunes, asymptomatiques, qui s’étaient fait tester.

Mais ce type de déclaration a rapidement mal vieilli. En effet, du côté de Hong Kong, on affirme qu’une personne, un homme d’une trentaine d’années, est à nouveau atteint par le Covid-19 4 mois et demi après la première fois. Asymptomatique, il a été testé alors qu’il revenait d’un voyage en Espagne.

Si on a déjà parlé de cas de réinfection auparavant, en Chine ou en Corée du Sud notamment, c’est la première fois que ce phénomène est prouvé. Les scientifiques du département de microbiologie de l’Université de Hongkong affirment dans leur étude que « la séquence du génome du virus est clairement différente » cette seconde fois, et qu’il s’agit donc d’une autre souche du coronavirus SRAS-CoV2.

Si ce Hongkongais avait eu quelques symptômes lors de sa première infection, cette fois-ci, il n’en a donc aucun. Cela laisse supposer que son système immunitaire l’a empêché de tomber malade, mais pas de ne plus être contaminé.

Selon Akiko Iwasaki, expert en immunologie à Yale, « c’est le parfait exemple du fonctionnement de l’immunité » et cette recherche ne devrait « avoir aucune conséquence sur la recherche d’un vaccin, qui peut provoquer une immunité bien plus efficace, empêchant la réinfection ou, en tout cas, en la rendant non-contagieuse. »

Mais selon Jeffrey Barrett, chercheur britannique interrogé par la BBC, « vu le nombre d’infections dans le monde jusqu’à aujourd’hui, découvrir un cas de réinfection n’a rien de surprenant. Peut-être que les secondes infections ne sont pas graves, mais on ne sait pas à quel point cette personne était contagieuse la deuxième fois. »

Chez nous et nos voisins

Même si Hong Kong est la première région à présenter une étude universitaire, qui n’est pas encore approuvée, sur un cas de réinfection, d’autres pays affirment avoir eu affaire à un phénomène similaire, dont le nôtre !

Ce lundi, Marc Van Ranst a déclaré auprès de la chaine VTM qu’un patient belge avait été réinfecté. Comme les chercheurs hongkongais, les scientifiques belges « ont déterminé la séquence génétique des deux virus en laboratoire et ont constaté que le même patient était tombé à nouveau malade trois mois après par un virus qui aurait muté 11 fois. »

Comme ses confrères européens, le virologue flamand est prudent et peu inquiet. « Il est possible qu’il s’agisse d’exceptions », a-t-il ajouté. « Espérons-le, mais ce n’est pas une bonne nouvelle. On peut oublier la possibilité d’être immunisé toute sa vie contre ces virus respiratoires. Mais on espère bien sûr que l’immunité durera plus de quatre mois et que ce sera majoritairement le cas.»

A noter qu’aux Pays-Bas, la virologue Marion Koopmans a fait une déclaration similaire à la télévision néerlandaise. Un patient hollandais, une personne âgée au système immunitaire faible, aurait aussi été infecté une seconde fois.

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