En route vers de nouvelles élections ?

Après l'échec du presqu' accord entre le PS et la N-VA, Paul Magnette a donné un mois au nouveau formateur pour trouver une solution. Après quoi, un retour aux urnes s'avérera nécessaire.

Belga

454 jours sans gouvernement. A 87 jours du record national et mondial. Courage, on y est presque ! Le PS et la N-VA, ennemis jurés de la politique belge, étaient pourtant proches d’un accord. C’est ce que martèlent Paul Magnette et Bart De Wever devant leurs militants. Un accord équilibré entre social et institutionnel. Un accord qui aurait permis au pays d’avoir un gouvernement fort pour faire face à la crise qui est déjà à nos portes. Un accord miné par les libéraux, selon le nationaliste flamand qui pointe du doigt le MR et l’Open VLD.

A charge donc pour Egbert Lachaert, président de l’Open VLD, de trouver une solution. Deux cas de figures s’imposent pour un gouvernement sans N-VA. Une Vivaldi (socialistes-libéraux-écolos-humanistes) ou un arc-en-ciel (sans les humanistes). Problème, Paul Magnette a déjà tenté ces deux voies fin 2019. La première formule avait été refusée par un CD&V qui ne voulait pas monter au pouvoir sans la N-VA qui est, rappelons-le, premier parti de Flandre et de Belgique. La deuxième serait encore plus absurde côté flamand, tant le gouvernement y apparaîtrait minoritaire. Bref, tout cela ressemble à une histoire belge…

Vivaldi, arc-en-ciel ou élections à l’automne

Vendredi, lors d’un Facebook live avec les militants PS, Paul Magnette a justifié l’accord de principe avec la N-VA, notamment sur l’institutionnel et la réforme de l’Etat : « Car il faut remettre de l’ordre dans le fonctionnement de la Belgique, clarifier l’exercice des compétences, comme c’est le cas dans les pays fédéraux qui tournent, l’Allemagne, la Suisse, le Canada (…) Voyez ce qui s’est passé durant la pandémie, avec un conseil national de sécurité de 15 responsables qui se réunissent pendant des heures, des conférences de presse cacophoniques, personne ne comprend vraiment quelles sont les règles à suivre ».

Il a surtout donné un mois au formateur pour trouver une solution. Car le 17 septembre, la « confiance » du Parlement donné au gouvernement de Sophie Wilmès (qui n’a que 38 sièges sur 150 à la Chambre) prendra fin. Ses « pouvoirs spéciaux » aussi. Et le chef du PS d’expliquer très clairement que si rien n’est en vue, on retournera aux urnes « fin octobre-début novembre ».

De son côté, Bart De Wever a promis l’enfer au VLD et au CD&V (les partenaires de la N-VA au gouvernement flamand) en cas de gouvernement minoritaire, c’est-à-dire sans la N-VA. Et a assuré qu’il s’arrangerait pour obtenir une majorité à la Chambre pour retourner aux urnes. Or, avec le retour du Vlaams Belang au premier plan et la crise économique à nos portes, a-t-on vraiment envie de retourner aux urnes ?

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