Les animaux ont-ils le droit au bien-être ?

L'association française de défense des animaux L214 a dévoilé des images insoutenables du « pire élevage » de canards qu'elle ait eu l'occasion de voir. De quoi mettre en débat la condition des animaux.

Dans L'exploitation avicole à Lichos dans les Pyrénées-Atlantiques,

Les images parlent d’elles-mêmes. Des canards enfermés dans des cages pas plus grandes que leur corps, parfois estropiés, pataugeant dans plusieurs centimètres d’excréments où on découvre ça et là des cadavres oubliés. L214, association française de défense des animaux, a filmé ces images il y a quelques jours à Lichos, dans les Pyrénées-Atlantiques, à 50 km de Pau. Il s’agit d’une exploitation avicole pour la filière du foie gras. Un lanceur d’alerte, ancien employé de la maison, avait contacté l’association pour qu’elle se rende sur place.

« Au départ, on a eu l’impression que le site était à l’abandon, explique Brigitte Gothière, la directrice et porte-parole de L214 au Monde. Les cages sont rouillées, complètement défoncées. Et puis on a vu apparaître des canards encore en vie, dans un état pitoyable. Il y a des rats, des asticots qui grouillent et puis cette couche de merde partout sur le sol… Normalement, il y a une fosse septique pour récupérer les déjections, là tout se déverse librement à l’extérieur. C’est ahurissant ! »

L’organisation de défense des animaux dénonce des conditions de vie « effroyables » pour les canards, mais aussi des conditions de travail « épouvantables » pour les salariés. Elle met aussi en garde contre les risques sanitaires d’une telle exploitation : « Avec cette accumulation de déjections, de crasse et de cadavres en décomposition, cet élevage est une véritable bombe sanitaire ». Plainte a été déposée pour la fermeture immédiate et définitive de l’exploitation.

L214

L’horreur de l’élevage industriel

Mais au-delà, c’est la condition des animaux dans la filière du foie gras et le modèle d’élevage industriel qui est dénoncée. De quoi poser le débat aux niveaux de la société et du politique. En Allemagne, le bien-être animal est inscrit dans la Constitution. Une demande similaire a été faite par Gaia en Belgique, l’association ayant récolté 150.000 signatures en ce sens. Pour l’heure, des avancées ont été constatées au niveau des Régions en attendant le Fédéral. Ainsi, depuis 2019, les animaux en Région bruxelloise ne sont plus perçus comme des objets, inclus dans la catégorie des biens et immeubles, mais comme des êtres sensibles…

S’il existe des avancées législatives, elles sont surtout très théoriques. En réalité, la condition des animaux dans l’élevage de type industriel est plus que déplorable. Peu de contrôles ont lieu dans ces exploitations et l’influence des lobbies de l’agroalimentaire est telle que rien ne bouge vraiment. Cela viendra peut-être de la société civile.

En France, 500.000 signataires, parmi lesquels des chefs d’entreprise et une centaine de parlementaires, ont signé une pétition en faveur d’un référendum d’initiative partagée contre la maltraitance animale. Les propositions lancées par l’initiative : l’interdiction de l’expérimentation animale (si des alternatives sont possibles), de l’élevage en cage et pour la fourrure, des spectacles d’animaux sauvages, de la chasse à courre et traditionnelle, et la sortie de l’élevage intensif d’ici à 2040.

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