La fête est finie avec AirBnB

La plateforme de location de logements de particuliers durcit l'accès au service pour les moins de 25 ans. L'idée : éviter les fêtes non autorisées chez les hôtes et redorer son blason qui a pris un coup presque fatal avec le coronavirus.

Belga

Fini de rire ! AirBnB veut éviter à tout prix les dérives qui ont nui à sa réputation. Le site, qui propose à des particuliers de louer leur appartement à qui veut éviter le tarif hôtelier, va limiter son service aux moins de 25 ans en France, en Espagne et en Angleterre – à titre d’essai avant, probablement, d’inclure le reste de l’Europe.

Concrètement : les personnes de moins de 25 ans n’auront plus le droit de louer un appartement entier près d’où ils vivent s’ils ont moins de trois avis positifs. Les locations faites à long terme restent possibles, tout comme celles de chambres privées. But de la manoeuvre : empêcher l’organisation de fêtes illégales en AirBnB.

Car depuis un an ou deux, ce genre de fêtes s’est multiplié (même si cela reste très très minoritaire par rapport à l’ensemble des locations). Des jeunes louent un bien dans la ville où ils vivent, ils invitent tous leurs copains et les copains de leurs copains, et les voilà partis pour une fiesta sans lendemain, sans nécessité de ranger, sans craindre de rien casser. Le pire qui puisse arriver, c’est une mauvaise note sur son profil AirBnB.

A dire vrai, il s’est passé bien pire lors de ce genre de fête illégale. En Californie, en octobre 2019, une fusillade à eu lieu, faisant cinq morts, chaque victime ayant à peine vingt ans. C’est après cet événement qu’AirBnB a décidé de prendre des mesures pour empêcher les « party houses ». Prises d’abord aux Etats-Unis et au Canada, elles arrivent aujourd’hui en Europe.

En Grèce - Belga

Covid Blues

C’est que AirBnB n’a plus droit à l’erreur. La société a pris la crise du coronavirus de plein fouet. Les locations s’arrêtant net avec le confinement, dévoilant que derrière le concept de location 2.0., le modèle n’était pas différent de l’hôtellerie classique. Ce que Richard Holway, un analyste pour TechMarketView expliquait début avril au Guardian : « AirBnB est dans la pire des pires situations. Contrairement à certaines entreprises tech comme Uber qui peut s’en sortir en faisant des livraisons à la place de conduire des gens, il ne peut pas se diversifier. Il n’y a rien qu’AirBnB peut faire pour gagner de l’argent ». Ajoutant que cela allait « emporter dans sa chute des milliers et des milliers de personnes ». Ces hôtes qui ont monté un business autour de la plateforme de location…

L’idée de départ du site était de proposer une plateforme de particulier à particulier. Une personne louant sa chambre ou son appartement à une autre personne le temps de vacances ou d’un week-end. De quoi permettre de gagner quelques deniers pour mettre du beurre dans les épinards, voire de rapprocher les gens de différents pays.

Mais beaucoup de personnes ont créé un business grâce à AirBnB. Devenant de véritables promoteurs immobiliers achetant des biens pour les proposer en location via le site. Un hôte AirBnB est ainsi devenu millionnaire en louant plusieurs centaines de propriétés à Londres en une seule année… Une telle prouesse est désormais impossible au temps du coronavirus. 

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