Violence, irritabilité, stress: comment la chaleur influence nos comportements

Il n'a jamais fait si chaud en Europe. Une hausse des températures qui provoque une augmentation des actes de violence partout dans le monde.

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Avec 39°C degrés en Belgique, 41°C en France et 38,6°C en Allemagne, le vieux continent suffoque. Les fortes chaleurs sont des facteurs de stress physique et de fatigue pour l’organisme dans son ensemble, demandant un effort de régulation plus important et réduisant les apports en oxygène. Selon Antoine Pelissolo, interrogé par Atlantico « Ceci pourrait expliquer une moins bonne régulation cognitive et émotionnelle, conduisant à plus d’irritabilité, d’impulsivité et d’agressivité. Certains chercheurs ont plus spécifiquement émis l’hypothèse de dérèglements du système de la sérotonine induits par les fortes températures, expliquant des troubles émotionnels et du comportement. « 

Et ça ne risque pas de s’améliorer. En cause ? Le réchauffement climatique. En effet, si les photos de vastes communautés inondées ou ravagées par les incendies nous aident à voir comment le changement climatique accélère la gravité des catastrophes naturelles, ce dernier aurait également un impact, moins prégnant, sur les agressions et les conflits. Selon une étude publiée dans la revue Sciences, face à la sécheresse et aux températures extrêmes, les risques de conflits augmentent drastiquement. « Nous nous sommes rendus compte qu’une hausse standard de la température entraîne la probabilité que les violences individuelles augmentent de 4% et les conflits entre populations d’un même pays de 14%« .

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En Inde, on dénombrait près de 50 morts par jour au Bihar, où le thermomètre a dépassé parfois les 50°C en 2019. Une hausse des températures qui a également entraîné de nombreux actes de violence, notamment dans l’État de Jharkhand. Un homme a agressé six autres personnes au couteau pour tenter de remplir des barils d’eau dans un réservoir public. Un autre homme de 33 ans est décédé dans des circonstances similaires dans l’État du Tamil Nadu.

Plus inquiétant encore, les scientifiques suggèrent qu’une augmentation globale de seulement 2 degrés engendrerait une hausse des conflits entre habitants d’une même nation de 50%. « Dans les régions habitées du monde, l’écart type devrait doubler voire quadrupler d’ici 2050. Aussi, le changement climatique pourrait amplifier de manière considérable les conflits humains. » D’autant plus quand on sait que d’ici 2050, la population mondiale devrait augmenter de plus de 2,4 milliards de personnes.

Mais comment expliquer une telle corrélation? Comme le pointe un rapport qui s’attache au changement climatique, à la sécurité alimentaire et au développement humain, cette amplification des conflits devrait surtout toucher les pays en voie de développement « Le changement climatique entraîne une plus grande variabilité des précipitations ainsi que des déficits pluviométriques prolongés, provoquant un tarissement des eaux de surface, un épuisement des nappes phréatiques et une réduction du niveau des crues, dans un contexte où les systèmes d’irrigation sont peu développés. Conjuguée à la déforestation et à des pratiques d’agriculture et d’élevage non durables, la sécheresse accentue la dégradation des terres et la désertification. Ces phénomènes ont de lourdes conséquences sur les moyens de subsistance.« 

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