L’horeca bruxellois boit la tasse

25 à 30% des établissements risquent de faire faillite d'ici la fin de l'année.

Belga

Les bars et restaurants

La reprise de juin n’a été qu’un trompe l’oeil. Tout droit sortis du confinement, nombreux sont les Bruxellois qui se sont rués dans les bars et restaurants de la capitale. Mais les vacances, la recrudescence de l’épidémie et le durcissement des mesures ont rapidement douché les espoirs d’une reprise en U. En vérité, bars et restos subissent une nouvelle déconvenue après celle du printemps.

« A terme, notre paysage gastronomique va changer : 1.200 établissements de restauration sur les 4.000 que compte la capitale vont disparaître », a prédit Philippe Trine, président de la Fédération Horeca Bruxelles.

Certes, traditionnellement, les mois de juillet et août sont plutôt calmes pour le secteur. Mais les nouvelles mesures réduisant la bulle à 10 pour les réceptions et banquets est un coup dur pour les restaurants-traiteurs qui ne peuvent pas compter sur des mariages et autres grands événements pour se relancer.

Ensuite, l’obligation de prendre les coordonnées des clients, la nécessité de faire de l’espace entre les tables, la réduction de la bulle sociale, mais aussi le télétravail, la clientèle, à part les habitués (ces valeureux piliers de comptoir sans qui aucun bistrot ne tiendrait debout!), est beaucoup moins nombreuse à s’arrêter pour boire un verre ou manger un bout.

Les établissements qui disposent d’une belle terrasse sont les moins touchés, comme de juste. Et il faudra attendre la rentrée pour avoir une idée plus précise de l’ampleur du désastre, mais la Fédération Horeca Bruxelles estime à 25-30 % le taux de faillites d’ici à la fin de l’année et ce malgré les aides d’urgence données par le gouvernement (40 millions et une baisse de la TVA à 6% pendant un an).

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Les hôtels et logements

Du côté de l’hôtellerie, c’est encore pire. En juin, le taux d’occupation des hôtels de la Région était de 3,9%. Contre… 81,7% à la même époque l’an dernier. Depuis, ça s’est un peu amélioré. On estime à 20% le taux d’occupation des hôtels qui ont rouverts… Mais beaucoup sont restés fermés, si bien que le taux d’occupation moyen pour tous les établissements est plutôt de 10%. En considérant qu’il faut 60% pour rentrer dans ses frais, ça donne une idée de l’ampleur du désastre…

Le secteur de l’hôtellerie bruxellois dépend à 85% de la clientèle internationale. Or, dès le début de l’année, le tourisme d’affaire s’est écroulé. Quant au tourisme estival, les chiffres ne seront disponibles qu’à la rentrée, mais selon la visit.brussels, « on peut d’ores et déjà dire que la saison est catastrophique ».

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