Covid-19: S’éloigne-t-on d’une deuxième vague?

L'augmentation des contaminations en Belgique se poursuit, mais elle n'est plus aussi forte que les semaines précédentes. La perspective d'une « deuxième vague »  semble s'écarter, comme l'utilisation de ce terme.

- Belga/THIERRY ROGE

Les nouvelles sont bonnes. « À travers le territoire, la croissance exponentielle semble interrompue », a annoncé la porte-parole du centre interfédéral de crise Frédérique Jacobs, lors de la conférence de presse de ce lundi. Avec en moyenne 580,1 tests positifs au Covid-19 par jour entre le 31 juillet et le 6 août, le nombre de nouveaux cas a augmenté de 16% par rapport aux sept jours précédents, selon les données publiées par Sciensano, alors que des hausses de 104% étaient encore constatées fin juillet. « Nous assistons toujours à une augmentation du nombre de nouveaux cas, mais cette augmentation a ralenti ces derniers jours », souligne la directrice de la clinique des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Erasme.

Une légère diminution du nombre de nouveaux cas est même observée à Anvers. « Ce qui pourrait signifier que si on continue à respecter les mesures, on s’écarte d’une éventuelle deuxième vague », a-t-elle annoncé. « Le pic est peut-être derrière nous », a ajouté son homologue flamand, le virologue Steven Van Gucht.

« Cette deuxième vague n’existe pas »

Des affirmations que rejette Yves Coppieters. « Cette notion de deuxième vague n’existe pas. On sait qu’après une épidémie, il y a des rebonds, dès qu’on relâche certains comportements », répète l’épidémiologiste régulièrement invité dans les médias. « La preuve que ceci n’est pas une seconde vague: cela ne concerne pas du tout les mêmes personnes et cela n’a pas la même intensité que la première », remarque-t-il. Quant au « pic » de Steven Van Gucht, le professeur de Santé Publique à l’ULB parle plutôt de « bruit de fond », plus ou moins élevé en fonction des mesures prises. « Si on n’arrive pas à adapter le système de santé pour maintenir dans le temps – et je parle de plusieurs mois – un testing massif comme on le fait actuellement et qui semble donner des résultats, alors ces petits rebonds reviendront en continu. Mais il n’y a pas de pic », insiste-t-il. 

La carotte ou le bâton

Ce n’est pas la première fois que la communication de Sciensano est critiquée. De plus en plus de voix dénoncent son caractère anxiogène, disproportionné par rapport à la situation. « Même si les nouvelles sont bonnes, nous sommes toujours dans un mécanisme de peur lorsqu’on évoque cette deuxième vague, reproche Yves Coppieters par rapport à la conférence de presse de ce lundi. Faut-il absolument faire passer des messages négatifs et pessimistes plutôt que féliciter les citoyens pour leurs efforts? À ce stade-ci, alors que tout le monde a conscience que le virus existe, je pense que l’on peut passer à un autre niveau de communication. »

En ce qui concerne les chiffres, il faudra attendre quelques jours avant de confirmer ce ralentissement de l’augmentation des nouvelles contaminations, selon l’épidémiologiste. « Je ne crierai pas victoire trop vite », avertit-il, avant de se reprendre: « Il n’y a pas à crier victoire d’ailleurs parce que c’est ce qu’on a tous accepté d’avoir comme niveau de transmission en reprenant nos activités. Si on trouve que 600 contaminations par jour, c’est trop élevé, alors il faut lever un peu le curseur des mesures de protection. » Si le professeur reconnaît une meilleure efficacité dans la stratégie de dépistage, il faut toutefois que le reste suive. « Si un maillon de la chaîne ne fonctionne pas, à savoir l’accès aux tests, des résultats rapides, le suivi des contacts, l’isolement des personnes positives ou le respect de la quarantaine, les transmissions vont fatalement reprendre. »

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