Dix choses à savoir sur Gisèle Halimi

Inhumée ce 6 août au Père-Lachaise, elle était l’une des voix capitales du féminisme des années 70 et 80. Elle avait 93 ans.

Belga

Bobigny  

En 1972, en défendant une jeune fille de 16 ans qui a avorté après avoir été violée, cette pionnière porte à la télévision les questions féministes peu écoutées à l’époque. La prise de parole de Gisèle Halimi durant ce procès a un retentissement médiatique sans précédent. La jeune fille est relaxée, sa mère, également poursuivie, condamnée mais dispensée de peine. Entré dans l’histoire du féminisme, le procès ouvre la voie à la loi Veil sur l’IVG votée en 1975.

Belges

Le procès de Bobigny assoit l’autorité morale de l’avocate dans la lutte pour les droits des      femmes. En 1978, elle défend deux jeunes Belges aux assises des Bouches-du-Rhône qui portent plainte pour viol contre trois hommes. Ils sont condamnés. Autre moment médiatique qui marque les esprits de l’époque, sa plaidoirie annonce la loi de 1980 reconnaissant le viol comme un crime.

Djamila Boupacha  

Figure militante du FLN, elle est arrêtée en 1960 et accusée d’avoir déposé une bombe dans une brasserie d’Alger. Torturée et violée en détention par des soldats français, elle est défendue par Gisèle Halimi. Le procès lui inspire un livre qu’elle signe avec Simone de Beauvoir.

Sartre et de Beauvoir 

Avec le premier, elle entretient une amitié intellectuelle qui l’amènera à être son avocate. Avec la deuxième, elle fonde en 1971 Choisir la cause   des femmes, mouvement pour la dépénalisation de l’avortement qui sera – jusqu’à aujourd’hui – de tous les combats féministes.

Correspondance

Au catalogue des archives et manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, on peut lire la correspondance échangée entre Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir.

Naissance  

Née en 1927, Zeiza Gisèle Taïeb grandit à La Goulette en Tunisie. Elle se plie à une éducation traditionnelle où les filles sont moins considérées que les garçons. Après des études à la Faculté de droit et de lettres à Paris, elle entre au barreau de Tunis en 1949, date à laquelle elle épouse Paul Halimi dont elle prendra le nom. Elle a 22 ans et ignore le rôle qu’elle va jouer dans le destin des femmes.

Grève   

Pour protester contre sa famille qui l’oblige à servir les hommes à table et à faire le lit de son frère, elle dit avoir entamé une grève de la faim à 13 ans. Elle durera huit jours au bout desquels elle obtiendra gain de cause. Sa première victoire sur le patriarcat…

Émancipation

À 15 ans, sa mère veut la marier avec un ami de son père, un marchand d’huile. Concentrée sur ses études, elle refuse, au grand désespoir de sa mère qui lui rappelle que cet homme a deux voitures! L’émancipation continue…

Députée

Proche de François  Mitterrand qu’elle soutient depuis 1965, elle tente l’aventure politique en 1981 et est élue députée (apparentée PS) de l’Isère. Parmi  ses propositions à l’Assemblée,  le remboursement de l’IVG, voté en 1982.

Mère
Elle a eu trois fils parmi lesquels Serge Halimi, directeur de la rédaction du Monde diplomatique. Elle disait regretter ne pas avoir élevé de fille. En 2011, dans un entretien au Monde, elle disait: ”J’aurais voulu savoir si, en l’élevant, j’allais me conformer exactement à ce  que j’avais revendiqué, à la fois pour moi et pour toutes les femmes”.

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