Un « très très mauvais » premier week-end de soldes en Belgique

Comme attendu, les premiers jours des soldes n’ont pas aidé le secteur du commerce à remonter la pente. Les grandes villes ont été désertées. Côté clients, si certains téméraires s’y sont aventurés, d’autres habitués du shopping préfèrent se tourner vers Internet cette année.

Il y avait du monde dans les magasins de Bruxelles, mais bien moins que d'habitude.

Ce week-end marquait le lancement de soldes plus que particuliers dans les magasins de Belgique. Avec la crise sanitaire, l’annuelle période de promotions estivales a été décalée au moins d’août. Une décision qui avait peu plu au secteur, impatient de retrouver un chiffre d’affaires ressemblant à celui des autres années, mais aussi de vider leurs stocks pour les collections suivantes.

Mais la semaine dernière, l’épidémie rebondissant doucement, les mesures sanitaires ont été renforcées à quelques jours seulement du début de ce mois de réductions et bonnes affaires.

Le premier week-end des soldes est généralement le plus chargé de l’année pour les commerçants, surtout dans le prêt-à-porter. Mais en 2020, ce fut loin d’être le cas.

« Ça a été très mitigé », commente Jean-Luc Vasseur, président de l’asbl Commerce Liégeois, l’association des commerçants de la Cité Ardente. « Il y avait très peu de monde dans la ville, même sur le marché dimanche. Il y a une vraie crainte qui s’installe dans le public. Les clients ne se pressent pas. »

Démoralisés, certains indépendants n’ont même pas ouvert tout le week-end. « Une ouverture dominicale était prévue, mais une partie des commerces n’ont pas ouvert, s’attendant à ce que personne ne vienne. »

A Liège, c’est le secteur de la mode qui s’en est le mieux sorti. « Mais de peu. C’est assez généralisé. J’ai fait le tour de la ville samedi et c’était très calme partout. »

50% du chiffre d’affaires

Dans le centre-ville de Bruxelles, une des zones commerçantes les plus fréquentées de tout le pays, le bilan est assez semblable. « Le week-end a été très très mauvais », commente Quentin Huet, manager de Shopera, l’association des commerçants de l’hyper-centre de la capitale. « Le chiffre d’affaires est en moyenne 50% de celui de l’année dernière. »

Un secteur se porte un peu mieux : les baskets et autres « sneakers ». « On ne sait pas trop pourquoi si ce n’est que c’est à la mode chez le jeune. Mais pour tout le secteur du vêtement, ça a été très difficile. »

La rue Neuve, pourtant prête à accueillir le public, était donc bien plus vide que d’habitude. Pour Quentin Huet, la cause est le renforcement des mesures sanitaires dans les commerces, qu’il ne comprend pas. « Il n’y a eu aucune recrudescence de l’épidémie à cause des magasins. Nous avons ici une des rues les plus fréquentées du pays. On y aurait vu un rebond du virus immédiat si les commerces étaient problématiques à ce niveau. Surtout qu’ici, nous avons pris des mesures strictes dès la réouverture. »

Un bilan qu’on peut élargir à tout le pays à en croire Deborah Motteux, porte-parole de Comeos, la fédération des commerçants belge. « Nous avons fait une enquête auprès de nos membres du secteur de la mode sur le journée de samedi. Le bilan est très négatif : en moyenne la moitié du chiffre d’affaires de l’année passée. »

Le point noir : les grandes villes. « Parmi les commerçants satisfaits de leur samedi, il y a surtout des magasins de périphéries. Mais cela reste une minorité. »

Soldes sur Internet

De l’autre côté de la barrière, les clients ont des visions assez différentes de la situation. Ceux qui attendent tous les ans les soldes sont moins frileux que les autres.

Comme Frédéric, jeune informaticien, qui a fait du shopping samedi, comme les autres années. « J’aime bien m’acheter des nouveaux vêtements mais je le fais très rarement des en dehors des soldes, donc je n’ai pas hésité », nous raconte-t-il.

Il trouve que les mesures mises en place dans les magasins permettent de faire ses achats en confiance. « J’aurais juste préféré faire les soldes entre amis comme d’habitude », précise-t-il.

Frédéric ajoute également qu’il n’a pas dû faire la file. « Il y avait de longues files devant les magasins féminins mais pas pour les autres. Par contre, il n’y avait du monde nulle part. On n’aurait pas cru que c’était le premier week-end des soldes. »

Le vieux cliché des filles plus accros au shopping que les garçons serait-il vrai en ces temps de crise sanitaire ? Pas à en croire Eve, professeur de mathématiques. Elle adore faire les magasins, surtout pendant les soldes. Mais pas cette année. « Non, ça me fait un peu peur », commente-t-elle. « Il y a quand même souvent beaucoup de gens. »

Habituée à faire ses achats seule, les nouvelles règles ne la dérangent pas tant que ça. « Le plus embêtant, c’est de ne pas pouvoir essayer. Même si je comprends la raison. Du coup, cette année, je ferai sûrement plus les soldes sur Internet. »

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