Rouvrir les frontières extérieures de l’UE, le nouveau casse-tête

La réouverture des frontières de l'Europe, c'est pour bientôt, mais pas pour tous. Bien que les Etats membres n'aient pas encore trouvé d'accord, certains éléments se dessinent déjà. Et cela risque de ne pas plaire à tout le monde.

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Qui pourra à nouveau entrer sur le territoire européen à partir du 1er juillet? C’est la question sur laquelle les 27 Etats membres de l’UE peinent à se mettre d’accord. Pour éviter le même désordre que celui provoqué à l’intérieur des frontières, ils tentent de définir une stratégie commune. Mais entre les relations géopolitiques et les considérations épidémiologiques, c’est la foire d’empoigne.

Le 11 juin dernier, la Commission européenne avait recommandé de dresser une liste des pays tiers autorisés à voyager en Europe dès mercredi prochain, en se basant sur des critères objectifs. À commencer par une situation épidémiologique comparable ou meilleure à celle observée dans la moyenne des pays de l’UE et de l’espace Schengen. La limite serait ainsi fixée à 16 nouveaux cas par 100.000 habitants au cours des 14 jours précédents. Ce qui exclurait toute une série de pays, dont la Russie, le Brésil et les Etats-Unis, qui frôlent des records de contamination au Covid-19 avec plus de 35.900 nouvelles contaminations mercredi. Selon le New York Times, qui a pu consulter les projets de listes, le refus des voyageurs en provenance du pays le plus endeuillé au monde par la pandémie serait un « coup dur pour le prestige américain dans le monde et une réprobation de la gestion » de l’épidémie par Donald Trump.

La frustration de Washington ne s’arrêterait pas là: avec moins de 1 cas par 100.000 habitants, la Chine pourrait figurer sur la liste verte, tout comme l’Australie et le Canada. Selon Le Soir, le nombre de pays autorisés dès la semaine prochaine devrait toutefois rester extrêmement limité: « dix à quinze pays ».

  Un touriste attend dans un aéroport

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Enjeux géopolitiques et réciprocité

En plus des données épidémiologiques – dont il est parfois difficile de trouver une source fiable -, d’autres éléments pourraient également entrer en ligne de compte, comme les relations avec l’UE et la réciprocité. Un principe que Donald Trump n’avait pas respecté en mars, lorsqu’il avait décidé unilatéralement d’interdire l’entrée sur le territoire américain aux Européens. Cette interdiction est toujours en cours.

Entre la prudence et les enjeux économiques (et politiques), le coeur de l’UE balance. La liste établie par Bruxelles ne serait toutefois qu’une recommandation, la gestion des frontières étant une prérogative nationale. Chaque pays décidera ensuite de la mettre en oeuvre, ou non, avec le risque, si l’approche commune n’est pas respectée, de voir des ressortissants non-européens trouver une porte d’entrée avant de circuler (presque) librement au sein de l’UE, puisque les frontières intérieures sont ouvertes.

Une nouvelle réunion est prévue ce vendredi, mais la liste définitive n’est pas attendue avant le début de la semaine prochaine, soit juste avant la date de réouverture de l’UE, mercredi 1er juillet. Elle sera ensuite révisée toutes les deux semaines en fonction des taux d’infection mis à jour.

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