Manifestation Black Lives Matter à Bruxelles: on vous raconte

10.000 personnes se sont retrouvées à Bruxelles pour dire non au délit de faciès et à la violence envers les Noirs lors de la manifestation Black Lives Matter.

Manifestation Black Lives Matter à Bruxelles - AFP

C’est un flot humain comme on n’en a plus vu depuis très longtemps à Bruxelles. Mieux que la réouverture des magasins, l’appel à manifester pour plus de justice et d’égalité, pour dire non aux violences envers les minorités, a rameuté du monde. Des jeunes, mais aussi des vieux. Noirs. Arabes. Asiatiques. Blancs. Des francophones, des Flamands, des anglophones, des Africains, des Européens, des musulmans, des athées et des chrétiens. Beaucoup sont venus habillés en noir, tous avec un masque pour laisser le coronavirus loin de débats. Car le virus qu’ils dénoncent cette après-midi est différent, et il pourrit la société depuis bien plus longtemps : le racisme.

BLM Bruxelles

« Pourquoi je suis venu ? Parce que j’en ai marre d’être accusé d’être Noir, dit Eli, un manifestant. Marre du délit de sale gueule, de me faire arrêter simplement parce que je porte un jogging à capuche et marre aussi de voir des Noirs se faire zigouiller tranquillement sans que personne ne dise rien, comme si c’était normal. Ça se passe aux Etats-Unis, ça se passe ici aussi ! »

Nombreuses sont les pancartes qui portent le nom d’une ou plusieurs victimes des violences policières ou d’Etat: Semira Adamu, jeune demandeuse d’asile nigériane morte étouffée lors d’une tentative d’expulsion du territoire belge en 1998 ; Moïse « Lamine » Bangoura décédé en 2018 à Roulers à la suite d’une intervention de la police pour l’expulser de son domicile ; Adil C., mort il y a quelques semaines seulement à Anderlecht renversé par une voiture de police…

BLM Bruxelles AFP

Il y a aussi des pancartes « Fuck Leopold II » qui reviennent sur le passé colonial belge, d’autres qui nomment les violences policières aux Etats-Unis, d’autres qui montrent le soutien des Marocains de Belgique et des Blancs envers la population noire : « If they can’t breathe, I can’t breathe » (« S’ils ne peuvent pas respirer, je ne peux pas respirer »). Tous unis pour contrer le virus.

Un flot humain black blanc beur qui finit par poser le genou à terre en signe de non-violence. En signe de respect envers les victimes. En signe de ras-le-bol calme, silencieux, mais rempli de tension. En signe de prière, aussi… Rassemblée devant le Palais de Justice, la foule rend hommage à George Floyd et à tant d’autres qui sont morts sans que la justice ne les protège. En fin d’après-midi, après deux heures de discours et de slogans répétés à l’unisson, le monde se disperse tranquillement dans les rues de Bruxelles. Après ces mois de confinement, la ville semble enfin reprendre vie.

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