La stratégie suédoise de l’immunité collective est un échec

La Suède est aujourd'hui pointée du doigt pour sa gestion de la crise du coronavirus. Son confinement soft et progressif n'a pas fonctionné. Le pays subit un taux de mortalité record.

Le Premier ministre suédois Stefan Löfven - TT NEWS AGENCY

Dans le vilain tableau des mauvais élèves de la crise du Covid-19, on notera que les pays les plus touchés sont aussi montrés les plus « corona-sceptiques », du moins au début de l’épidémie. Etats-Unis, Brésil, Russie, Royaume-Uni sont les pays qui recensent officiellement le plus grand nombre de cas positifs au Covid-19. Dans ce tableau pointe aussi, désormais, la Suède…

Souvent prise comme modèle européen, la Suède est aujourd’hui pointée du doigt par ses voisins. Avec 4.600 décès liés au Covid-19 pour 10 millions d’habitants, elle s’en sort pourtant mieux que la Belgique (qui calcule de façon plus complète et “honnête » que ses voisins). Mais, selon une étude de l’Univertité d’Oxford, depuis le 14 mai, son taux de mortalité est le plus haut du monde. La Suède recense actuellement un taux de 431 cas positifs pour 100.000 habitants et 46 morts pour 100.000 habitants. C’est plus que la France et cela se rapproche des taux espagnols et italiens. De plus, les chiffres de l’immunité collective sont décevants (seulement 7,3% de la population serait immunisée alors qu’il faudrait atteindre 26% de la population).

Le cancre de l’Europe

A l’encontre de tous ses voisins européens, la Suède avait décidé un confinement progressif et soft, c’est-à-dire pas obligatoire, qui avait pour but de favoriser l’immunité collective. Ainsi, les restaurants sont restés longtemps ouverts, les bars et les écoles aussi, la Suède tablant sur la responsabilisation de ses citoyens et les mesures de distanciations sociale. Or, on observe aujourd’hui que le virus s’est propagé plus lentement dans la société suédoise, mais est tout aussi létal qu’ailleurs. C’est surtout dans les maisons de repos (comme partout en Europe) que le coronavirus a fait le plus de mal.

De nombreux Suédois se sont insurgés contre la stratégie laxiste de leur gouvernement. Souvent montrée du doigt comme le bon élève de l’Europe, la Suède est désormais à la place du cancre. Surtout comparé à ses voisins directs, le Danemark et la Norvège, dont la gestion de la crise sanitaire a permis un déconfinement plus rapide qu’ailleurs. Aujourd’hui, ces pays ont rouvert leurs frontières entre eux, et bientôt aux autes pays européens… Mais pas à la Suède. Quant à la Grèce, elle a décidé d’une mise en quarantaine de quatorze jours pour chaque voyageur suédois.

Sur le même sujet
Plus d'actualité