15 juin : top départ pour les vacances à l’étranger ?

Avec la phase 3 du déconfinement, la Belgique ouvre ses frontières à la mi-juin. Pour des vacances au sein de l’Union, ça sent donc bon. Mais attention, il restera à vérifier les éventuelles restrictions imposées aux Belges par les autres États membres.

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C’était probablement une des décisions les plus attendues du dernier Conseil national de sécurité. « Dès le 15 juin, la Belgique rouvrira ses frontières » a annoncé la Première ministre. À cette date, les Belges seront autorisés à voyager dans toute l’Union Européenne (Royaume-Uni compris), ainsi qu’en Norvège, en Suisse, au Lichtenstein et en Islande, pays membres de l’espace Schengen. La réciprocité sera de mise : les ressortissants de ces États seront bienvenus en Belgique à la mi-juin également.

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De quoi pousser un grand ouf de soulagement, pour tous ceux qui désespéraient de ne pas partir à l’étranger cet été ? Sur le papier, oui. Car si les autorités sanitaires belges ont donné le go du départ, il faudra voir ce qui se passera à l’arrivée. On en a eu un avant-goût le week-end dernier : les Belges qui avaient été autorisés à rendre visite à leur famille française ont dû rebrousser chemin à la frontière. Manifestement, il y avait eu un peu de friture sur la ligne entre Bruxelles et Paris, la France rappelant pour sa part qu’aucune décision ne serait prise avant le 15 juin. En mai, la Commission européenne avait bien recommandé une réouverture « coordonnée » des frontières au sein de l’Union. Mais plusieurs États ont d’ores et déjà décidé de passer outre, comme l’Italie, qui a ouvert ses frontières ce 3 juin, ou l’Espagne, qui fera de même le 1er juillet.

Le touriste belge considéré « à risque »

Surtout, comme nous vous l’annoncions, les touristes Belges pourraient bien ne pas être les bienvenus partout. À compter du 15 juin, la Grèce accueillera sans contrainte les voyageurs en provenance de 29 pays. Pour ceux qui ne feraient pas partie des heureux élus (c’est le cas de la Belgique), il faudra au moins jusqu’à la date du 1er juillet, passer obligatoirement par la case dépistage à la descente de l’avion. Une procédure qui risque d’en refroidir plus d’un, puisqu’elle nécessitera de passer une nuit dans un hôtel désigné (aux frais des autorités grecques) en attendant les résultats du test, qui s’il s’avère négatif, vous voudra de rester auto-confiné durant 7 jours sur votre lieu de séjour (hôtel, gite, etc.). En cas de test positif, une « quatorzaine » sous surveillance sera appliquée. D’autres pays, comme l’Estonie ont également annoncé appliquer un confinement de 14 jours aux passagers en provenance de pays dits « à risque ».

Un qualificatif qui colle à la Belgique comme un sparadrap au doigt du capitaine Haddock. C’est ce que déplore dans un communiqué l’Union professionnelle des agences de voyages (Upav), pour qui « notre communication internationale concernant le nombre de décès » dessert l’image des Belges à l’étranger. « Nous sommes aujourd’hui perçu comme un des pays les plus dangereux du monde » déplore l’Upav. Du côté du gouvernement fédéral, on est conscient du problème. Sur le plateau de la RTBF, Philippe Goffin (MR), ministre des Affaires étrangères a indiqué prendre des « contacts bilatéraux avec tous les ministres des pays où ça pose problème », pour « expliquer la situation » et faire appel à l’unité et au sens du « projet européen ».

« Pas forcément entassés sur une plage »

Pour l’heure, l’unité fait donc défaut en Europe (pour les voyages hors Schengen, on est encore en attente d’une décision, qui devrait tomber dans les prochaines semaines) et il appartiendra aux voyageurs de juger au cas par cas d’un déplacement, en fonction de la destination visée. Du côté des agences, on dit adapter son offre en permanence aux recommandations émises par le SPF Affaires étrangères. « Il faut encore rester prudent dans les voyages que l’on propose » explique Franck Bosteels, porte-parole des agences de voyage Connections. Pour le moment, on propose des destinations moins courues en temps normal, comme la Géorgie ou la Slovénie ».

Et pour les gros hits estivaux, comme l’Espagne, l’Italie ou le Portugal ? « Nous pensons qu’après cette période difficile, les clients auront envie d’être relax, de se sentir en sécurité et pas forcément d’être entassés sur une plage. Nous sommes en train de développer pour 40 destinations une formule avion+ location de camping-car ou de bateau, dans un esprit de bulle de contact mobile. Mais quelle que soit la destination choisie, on tient à rassurer : si un client réserve un hôtel avec piscine, il aura l’assurance à l’arrivée de ne pas trouver la piscine fermée pour raisons sanitaires. Mais dans le même temps, nous nous assurerons auprès de nos partenaires que les produits proposés soient en accord complet avec les règles de sécurité ». 

Pour les plus prudents d’entre nous ou pour tous ceux qui ne sentent pas l’âme d’un grand voyageur, il reste toujours une dernière option, qui semble être la tendance du moment : jouer à domicile et passer ses vacances en Belgique. Sans même parler de la côte ou de Durbuy, l’été pourrait en effet être l’occasion de découvrir des coins méconnus de notre plat pays.

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