Bars et restos : une réouverture dans quelles conditions ?

Un guide des « Bonnes Pratiques » pour la réouverture de l’Horeca circule depuis samedi. Ces règles et conseils devraient être ceux préconisés par le Conseil National de Sécurité ce mercredi. D’ici là, les restaurateurs n’attendent qu’une chose : être fixés sur le sort.

Une terrasse au Pays-Bas, avec distanciation sociale de rigueur.

Actuellement, tout l’Horeca est tenu en haleine. La plupart des acteurs du secteur ont peur pour leur avenir. Ils aimeraient rouvrir leurs établissements mais surtout savoir quand et à quelles conditions.

Ce mercredi, le Conseil National de Sécurité va à nouveau se réunir pour trancher sur différents sujets concernant le déconfinement. L’Horeca sera sur la liste et d’après certaines rumeurs, bars et restaurants pourraient bien rouvrir dès ce lundi 8 juin. Mais à quelles conditions ?

En effet, si la reprise est bel et bien annoncée demain, cela ne laissera qu’à peine 4 jours dont un week-end aux tenanciers et gérants pour s’adapter. Face aux plaintes des syndicats du secteur, l’Economic Risk Management Groupe a autorisé samedi la diffusion de la dernière version du guide « Bonnes Pratiques Horeca », bien qu’il doive encore être approuvé par le Conseil National de Sécurité.

Règles et conseils

Dans ce guide, on découvre des règles attendues, déjà connues de chacun : veiller à l’hygiène des mains de tout le monde, préférer le paiement sans contact, respecter au maximum le mètre et demi réglementaire, tant entre les membres du personnel qu’entre les clients. Personnel qui devra évidemment porter un masque à tout moment et désinfecter tables et chaises entre chaque service.

En cuisine, on conseille aussi qu’une seule personne travaille sur chaque plat pour éviter les contacts.

Si la distance de rigueur ne peut être respectée, entre les convives ou les membres de l’équipe, l’établissement doit prévoir des protections supplémentaires. Les fameux plexiglas seront donc utiles aux restaurateurs qui ne pourront ou ne voudront pas espacer leurs tables.

Il est également demandé aux restaurants de travailler au maximum par réservation, mais aussi d’enregistrer les coordonnées d’un client par table et de les garder 14 jours, « afin de faciliter toute recherche de contact ultérieure dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 ». Les personnes qui refuseront ne pourront pas manger au restaurant, tout simplement.

Les clients ne pourront venir qu’à 4 au maximum, avec les personnes de « leur bulle sociale », les mêmes personnes qu’ils sont autorisés à fréquenter. Le service ne se fera qu’à table et un serveur dirigera obligatoirement les convives vers leur table. On ne s’assoit pas où on veut ! Il sera aussi interdit aux clients de sortir fumer.

L’utilisation de menu et cartes est fortement déconseillé. Le guide recommande les panneaux, l’utilisation d’application smartphone ou encore de demander aux clients de choisir à l’avance leur repas sur Internet.

Dans les cafés, les règles sont les mêmes et les jeux, comme les bingos ou les fléchettes, sont interdits. Restos comme bars devront fermer à minuit.

« Il faut des aides »

Mais comment les restaurateurs anticipent-ils la chose ? Nous avons demandé à Damien Gorjanec et François Scheppens. Après plusieurs années dans les cuisines de maisons prestigieuses, les deux jeunes chefs et amis ont ouvert leur propre restaurant « Les Potes au Feu » près du Casino de Namur… en février. Après quelques semaines d’ouverture et des mois d’arrêt forcé, ils déclarent préférer attendre l’avis définitif du Conseil National de Sécurité.

L'équipe des Potes au Feu.

« On anticipe, on réfléchit beaucoup mais nous n’avons rien acheté. Il y a encore trop de spéculation », commentent-ils. « Quoi qu’il arrive, on n’ouvrira pas la première semaine. On va se laisser le temps de se préparer aux mesures à appliquer. »

Après avoir proposé des paniers de produits de leurs fournisseurs locaux ces dernières semaines, ils ont désormais pris du temps pour rénover leur terrasse, terminer quelques petits travaux et réfléchir.

« On a compté et mesuré. Avec le 1m50 de distance, on peut mettre entre 16 et 18 couverts, au lieu de 24 d’habitude. Ça n’a l’air de rien, mais 8 clients, c’est le tiers d’un service pour nous. »

Dans leurs têtes, tout se chamboule. « C’est un mix de tout : il y a de l’impatience, des réflexions sur le futur, des questionnements… En tout cas, peu importe ce qui sera décidé, on va s’adapter. On est assez serein et plutôt débrouillard. Chaque problème à une solution, c’est un peu notre leitmotiv. »

L’important pour eux à court terme : rassurer les gens. « On sait que les clients fidèles qui nous suivent seront au rendez-vous. Mais les autres, est-ce qu’ils auront l’envie d’essayer un nouveau restaurant ? C’est un gros point d’interrogation. »

Mais évidemment, la grosse crainte reste l’après et le retour de toutes ces charges reportées, des coûts salariaux, etc.  Damien et François ne le cachent pas : ils ont pu s’en sortir grâce aux mesures de soutien et espèrent que l’annonce de réouverture sera accompagnée de son lot de nouvelles aides. « Il le faut. Ce n’est même pas une question d’espoir. S’il n’y a pas d’aides, on va droit dans le mur. On aura laissé un secteur mourir. »

Mais les deux cuisiniers restent positifs et optimistes. « Les gens sont bien conscients de la situation, les politiques aussi. L’Horeca a fait tout ce qu’il fallait. C’est désormais à eux de faire leur travail et de faire en sorte que tout se passe bien. »

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