Sécheresse : l’approvisionnement en eau et les récoltes déjà menacés?

Depuis la mi-mars, les précipitations sont restées globalement très faibles en Belgique. L’eau a manqué en Flandre, la Wallonie se prépare au coup de chaud.

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Comme s’il avait voulu marquer le coup à sa manière, le ciel est resté extrêmement clément. Dans ses bagages, la pandémie semble nous avoir apporté la sécheresse, qui n’a (pratiquement) plus quitté la Belgique depuis le début du confinement. Si le soleil, en grande forme, a pu mettre un peu de baume au cœur dans cette période inédite (du moins si vous aviez un jardin ou une terrasse à disposition), les très faibles précipitations et les chaleurs relevées depuis la mi-mars  n’ont pas fait que des heureux.

L’eau a surtout manqué en Flandre. Le week-end dernier, l’épisode a marqué : la commune d’Overijse, à la lisière de Bruxelles, a connu d’importants problèmes d’approvisionnement. Plusieurs quartiers se sont ainsi retrouvés privés d’eau potable, ce qui a poussé des habitants à devoir s’approvisionner en urgence auprès des pompiers. Si la sécheresse n’est qu’en partie la cause des malheurs de la commune (d’autres facteurs ont concouru, comme une consommation d’eau extrêmement importante et des travaux récents sur le réseau), elle est néanmoins prise très au sérieux au nord de la frontière linguistique. La semaine passée, le gouverneur du Brabant flamand a pris un arrêté interdisant l’utilisation d’eau potable à des fins non-essentielles, pour 42 communes de la province. Le week-end dernier, c’est l’ensemble des provinces flamandes qui ont interdit de pomper l’eau de certaines rivières. Il y a quelques semaines, les espaces naturels d’Anvers et du Limbourg avaient été placés sous code rouge, en raison d’un risque élevé d’incendies dû à la sécheresse.

À l’échelle de la Belgique, la Flandre a globalement moins bien encaissé les épisodes de fortes chaleurs des derniers étés. Les précipitations de cet hiver, pourtant relativement abondantes, n’ont pas permis de reconstituer des réserves optimales. Selon la Libre, le nord du pays est d’ailleurs contraint de solliciter la Wallonie, puisque 45% de la production d’eau potable flamande proviendrait en réalité de la Meuse et du canal Albert. La densité de population et le développement du bâti qui en découle empêcherait dès lors l’or bleu de parfaitement s’écouler dans la terre et de venir gonfler les nappes phréatiques.

Prévisions à 10 jours : l’IRM voit rouge

Du côté wallon, on se veut pour l’heure plutôt rassurant. Selon un bilan réalisé au début du mois de mai par le centre régional de crise de Wallonie, les pluies d’hiver ont permis de « bonnes recharges des nappes phréatiques en Wallonie, supérieures à celles des années précédentes », et les volumes d’eau des barrages sont « conformes à la normale ». Si la distribution publique de l’eau se déroule normalement, certaines villes et communes, comme Rochefort, se tiennent tout de même prêtes à appliquer des mesures de restriction de l’usage de l’eau. La sécheresse pourrait en effet être amenée à durer, en tout cas si l’on en croît les prévisions à dix jours de l’IRM. Afin d’anticiper les effets d’une éventuelle vague de chaleur estivale, les autorités wallonnes ont demandé aux différents opérateurs du cycle de l’eau (producteurs, distributeurs) d’étudier l’impact du déconfinement sur la disponibilité en eau potable, surtout si l’interdiction de voyager en dehors de la Belgique est maintenue et que la Wallonie voit débouler des hordes de touristes assoiffés en juillet-août.

Des récoltes menacées

Sans boule de crystal, difficile de prévoir de quoi l’été sera fait. Une certitude : la sécheresse menace déjà les activités agricoles. Selon la Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA), le manque de précipitations « entraîne d’ores et déjà des dégâts sur les cultures : mauvaises levées de cultures de printemps, problèmes de remplissage des grains de certaines céréales, prairies déjà sèches… » Au micro de RTL, un agriculteur  faisait d’ailleurs part de ses inquiétudes pour les récoltes de froment, qui pourraient « quasi mourir s’il n’y a pas vite de la pluie ».

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