Le coronavirus pourrait-il ne jamais disparaître?

Alors que l'incertitude règne autour de l'évolution du Covid-19, l'OMS a rappelé l'une de ses hypothèses: nous allons peut-être devoir apprendre à vivre avec ce virus.

un homme portant un masque

Le nouveau coronavirus pourrait « ne jamais disparaître », a averti l’Organisation Mondiale de la santé. Ce qui signifie qu’il faudra peut-être apprendre à vivre avec lui, au même titre que d’autres maladies. Au conditionnel, la déclaration de Michael Ryan, directeur des questions d’urgence sanitaire à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), résume avant tout l’incertitude quant à l’évolution du Covid-19. « On aimerait pouvoir dire qu’il va disparaître, mais on n’en sait rien », lance Christelle Meuris, infectiologue au CHU de Liège. Plusieurs scénarios existent pour ce tout jeune virus, largement méconnu et imprévisible. Va-t-il disparaître de lui-même comme le coronavirus SRAS-Cov-1, à l’origine de l’épidémie de 2003 qui n’avait pas paralysé le monde entier? Ou va-t-il réapparaître comme la grippe qui revient chaque année, mais dont le génome, contrairement à celui du nouveau coronavirus, mute très facilement? À ce stade-ci, personne n’a la réponse.

Masqués pour l’éternité?

S’il devient endémique, cela ne veut pas pour autant dire que nous devrions vivre comme ces derniers et prochains mois, tous masqués et en respectant une distance physique de 1,5 mètre. « Ce serait une grande première. Cela ne s’est jamais vu dans l’histoire de l’Humanité qu’un virus soit agressif, transmissible et persistant sur de longues périodes », rassure auprès de la RTBF Stéphane De Wit, infectiologue au CHU Saint-Pierre, ajoutant que ce virus qui persisterait « en bruit de fond » ne nécessiterait plus les mêmes mesures que l’on connaît aujourd’hui. L’épidémie n’étant pas encore derrière nous, il est toutefois important de respecter ces dernières pendant encore plusieurs mois.

Michael Ryan l’a dit lui-même: « Ce virus pourrait devenir endémique dans nos communautés », et ce y compris en cas de découverte d’un vaccin. Dans ce cas-ci, ce dernier ne ferait pas disparaître le virus, mais il pourrait arrêter l’épidémie et limiter la maladie.

Un avertissement mondial

Christelle Meuris souligne également que l’OMS « parle à titre mondial ». « Les moyens que l’on a en Belgique ne sont pas les mêmes que dans d’autres régions du monde. Tout le monde n’a pas les mêmes conditions sanitaires et ne va pas savoir gérer de la même manière cette transmission », rappelle l’infectiologue, comparant par exemple avec le VIH, un virus qui, lui, n’a pas disparu et pour lequel il existe aujourd’hui un traitement. « Que ce soit au niveau de la survie et de la qualité de vie, affective et sexuelle, d’un patient séropositif, nous ne sommes vraiment plus comme dans les années 80 », mais la situation par rapport au VIH aujourd’hui n’est « pas du tout la même en Europe qu’en Afrique ».

Se concentrer sur le court terme

Pour les experts, avant d’émettre des spéculations quant à l’évolution lointaine du coronavirus, il faut d’abord se pencher sur les prochains mois, eux aussi incertains. « On a déjà du mal à savoir comment on va vivre ces vacances scolaires », ironise Christelle Meuris. Elle insiste d’ailleurs sur le besoin d’une communication claire et cohérente afin de passer ces prochains mois de manière sereine et efficace. « Il y a tout un pan de la population qu’on n’a peut-être pas réussi à toucher. Avec ces discours ambigus, ça risque de partir dans tous les sens. C’est ça qui m’inquiète », regrette-t-elle, rappelant l’importance de la distanciation physique et du port du masque « qui n’est toujours pas rendu obligatoire ». « La réalité, c’est que les gens qui ne respectent pas les mesures ne prennent pas un risque qu’à titre individuel, mais aussi à titre collectif. » Avec ou sans Covid-19, une chose est sûre: à l’avenir, il faudra garder à l’esprit l’importance de ce bien commun.

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