18 mai : encore pas mal d’incertitudes pour la rentrée scolaire

Ce lundi, une (petite) partie des élèves francophones devraient reprendre le chemin de l’école. Du moins, si toutes les conditions sanitaires requises sont au rendez-vous ; les masques promis par la Fédération Wallonie-Bruxelles devront encore être distribués ce week-end. Un timing serré, qui pourrait pousser certains établissements à postposer leur réouverture.

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« Le virus est toujours là, hors de question que nos enfants soient des cobayes ». Voilà un commentaire, parmi tant d’autres, que l’on peut lire sur « Stop Ecole 18 mai 2020 ». À en juger par le succès de ce groupe Facebook (il compte 77.000 membres), la rentrée scolaire de ce lundi n’est pas au goût de tout le monde. Pour certains, elle est source « d’appréhension », comme l’a reconnu Sophie Wilmès lors du dernier Conseil national de sécurité. La peur d’une contamination au Covid-19 n’y est évidemment pas étrangère, pour les élèves de 6ème primaire et de 6ème et 7ème secondaire qui retrouveront les bancs de l’école le 18 mai. « C’est vrai que l’aspect sanitaire était la préoccupation qui revenait le plus souvent parmi les parents ces dernières semaines », note Joëlle Lacroix, secrétaire générale de la Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement (FAPEO).

 « Une course contre la montre « 

Depuis qu’il est question de déconfinement et de reprise des cours, tant le front commun syndical que les organisations représentatives des parents ont répété le même mantra : il n’y aura pas de retour à l’école sans sécurité assurée pour tous, enfants comme enseignants. Le message a semble-t-il été entendu. « On sent vraiment que les PO (pouvoirs organisateurs – ndlr) et les directions mettent tout en œuvre pour assurer des conditions sanitaires sûres à la reprise, salue Joëlle Lacroix. Port du masque obligatoire à partir de 12 ans ; groupe de maximum dix élèves en classe, à raison de deux jours par semaine maximum ; espace de 4 M2 minimum par enfant et respect de la distanciation physique, sont autant de prérequis pour la rentrée. Sans cela, il faudra postposer la reprise.

Il n’est pas impossible que des établissements ne puisse rouvrir leurs portes le 18, faute d’avoir assez de masques et de gel désinfectant. Un approvisionnement en forme de « course contre la montre », a d’ailleurs admis Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, même s’il reste pour le moment « dans les temps » : 500.000 masques en tissu devraient être distribués ce week-end.

Laisser le choix

Tout en insistant sur l’importance de garantir des conditions de sécurités optimales au sein des établissements, Joëlle Lacroix veut croire à l’intérêt de cette rentrée, même partielle. « C’est l’occasion de recréer du lien social entre les enfants. Même d’un point de vue pédagogique, ça peut avoir du sens de rentrer. Je pense aux élèves en difficulté scolaire, qui pourront également retourner en classe, qu’elle que soit leur année. Ça peut leur donner un petit coup de pouce. Au final, l’important pour cette rentrée, c’est qu’on ait laissé aux parents le choix de décider de remettre ou non leur enfant à l’école ». Si l’obligation scolaire est fixée par le fédéral, c’est en effet à la Fédération Wallonie-Bruxelles que revient le soin de relever les absences injustifiées. La ministre de l’Éducation Caroline Désir (PS) a d’ores et déjà annoncé que ces dernières ne seraient pas sanctionnées.

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