Peut-on être réinfecté par le coronavirus ?

Plusieurs cas de « seconde infection » ont été recensés en Asie. Faut-il s'en inquiéter ?

belgaimage-163565297-full

Au Japon, en Chine ou en Corée du Sud, le phénomène est apparu. Des patients du Covid-19 a priori rétablis étaient quelques jours plus tard de retour à l’hôpital et testés positifs au virus. Selon le Centre national espagnol de biotechnologie (CSIC), 14% des patients dont le test de dépistage de Covid-19 s’est révélé négatif sont ensuite redevenus positifs. Comment cela est-il possible ? Ce SARS-CoV2 serait-il plus retors qu’on ne le dit ? Peut-on être infecté une deuxième fois par le même coronavirus ?

La réponse n’est pas limpide, mais beaucoup de chercheurs parlent plutôt de « rebondissement du virus ». En gros, disent-ils, la réponse du système immunitaire peut varier. Soit le nombre d’anticorps qu’il a produit pour combattre le virus n’était pas suffisant, soit il ne s’agissait pas d’anticorps efficaces. Pour mieux comprendre, voyons comment fonctionne le corps humain face à un virus.

Comment combattre un corps étranger à son corps ?

Un virus s’insère dans notre corps tel un Cheval de Troie. L’air de rien, ni vu, ni connu, il se cache parmi les cellules pour mieux les infecter. Celles-ci cherchent à détecter l’intrus, mais n’y parviennent pas toujours. Comment réagit alors le corps face un agent étranger à son corps qui trouble son équilibre ? Il va se défendre, envoyant son armée de globules blancs, lesquels produisent des anticorps dans le but de neutraliser le virus et retrouver son équilibre.

Parmi les anticorps produits, il y a les bons anticorps qui détruisent les cellules infectées, et il y a ceux qui ont tourné casaque, appelés « anticorps facilitant ». Ceux-là, au lieu de neutraliser le virus, va lui faciliter la tâche, facilitant son entrée dans d’autres cellules. C’est ce qui arrive, par exemple, avec la dengue.

Cela pose plusieurs questions. Tout d’abord sur la deuxième infection. Cela pourrait être dû à la production de mauvais anticorps, les « anticorps facilitant » qui jouent contre leur équipe et favorisent un « rebondissement du virus ». Cela pose aussi la question de l’efficacité des tests sérologiques qui détectent non pas le Covid-19, mais la production d’anticorps pour contrer le Covid-19. Or, ces tests ne différencient pas les bons des mauvais anticorps qui ont été produits… Et ainsi, un test négatif peut se transformer en positif. Cela pose enfin la question de la durée de l’immunité au Covid-19. Et là, on n’en sait rien. Si on se base sur le MERS, un cousin du SARS-CoV2, les anticorps font le boulot d’immunité pendant huit ans. Mais ce n’est pas le même virus. En clair, les connaissances face au SARS-CoV2 restent floues.

Sur le même sujet
Plus d'actualité