Ce que l’on sait de la pire tuerie de l’histoire du Canada

Le Canada est sous le choc. Dans la nuit de samedi à dimanche, un homme armé a tué au moins seize personnes en Nouvelle-Écosse, lors de la fusillade la plus meurtrière du pays.

belgaimage-163521282

Plusieurs scènes de crime

Les premiers coups de feu ont retenti samedi en fin de soirée à Portapique, une petite commune rurale de la Nouvelle-Écosse, dans l’est du Canada. À leur arrivée, les policiers ont découvert « une scène de crime chaotique », a déclaré Chris Leather, chef des opérations criminelles de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) de cette province. Plusieurs victimes ont été découvertes devant et à l’intérieur de la maison. Mais aucun signe du tireur. Leur quête les a menés à plusieurs endroits dont des bâtiments en feu.

« On ne sait pas encore le nombre exact de victimes. L’enquête se poursuit dans des secteurs que nous n’avons pas encore explorés en province. Il y a plusieurs sites dans la province où des gens ont été tués », a reconnu le chef des opérations criminelles. 

belgaimage-163521191

© BELGA IMAGE / Tim Krochak

Chasse à l’homme

Les habitants de la région ont été priés par les autorités de rester chez eux pendant que la traque se poursuivait. Dimanche en fin de matinée, à l’issue d’un vaste chasse à l’homme d’une douzaine d’heures, le suspect a été tué lors de son arrestation dans une station-service à Enfield, soit à une centaine de kilomètres de Portapique. Lors de la poursuite meurtrière, l’homme armé, âgé de 51 ans, a notamment circulé au volant d’une voiture semblable à celles de la GRC, portant une partie d’un uniforme de policier. 

Au cours de l’opération, une policière, Heidi Stevenson, 23 ans d’ancienneté et mère de deux enfants, a perdu la vie. Un autre policier a été blessé, mais ses jours ne seraient pas en danger.

Motivations inconnues

À propos de l’auteur présumé de ces meurtres, la police a divulgué quelques informations. Gabriel Wortman était un prothésiste dentaire qui partageait son temps entre Portapique et son cabinet situé à Dartmouth, près d’Halifax. Sous le choc, ses voisins le présentent comme un homme « serviable » et « très gentil ».

Ses motivations doivent encore être éclaircies par l’enquête. « Il est trop tôt pour parler de mobile », a expliqué lors d’une conférence de presse le chef Chris Leather. Plusieurs victimes « ne semblent pas avoir de lien avec le tireur », a-t-il noté. Mais « le fait que cet individu disposait d’un uniforme et d’une voiture de police laisse certainement penser que ce n’était pas un acte spontané ». La police a fait savoir qu’elle tenterait de déterminer si ce massacre avait un lien quelconque avec l’épidémie due au coronavirus.

belgaimage-163521227

© BELGA IMAGE / Tim Krochak

Acte insensé

« Cet événement a fait de nombreuses victimes. D’innombrables familles sont en deuil aujourd’hui », a déclaré Lee Bergerman, commissaire adjointe de la GRC Nouvelle-Écosse. « C’est l’un des actes de violence les plus insensés que cette province ait connus », a déploré Stephen McNeil, le Premier ministre de Nouvelle-Écosse. « Ce qui s’est passé dans notre province n’est pas ce que nous sommes. Cela nous changera peut-être un peu mais cela ne peut pas nous définir. Nous sommes forts. Nous prenons soin les uns des autres. »

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a brièvement évoqué la situation lors de son point quotidien sur le Covid-19. « Je suis de tout cœur avec les gens qui sont affectés par cette terrible situation », a-t-il déclaré, avant de remercier les policiers « pour leur travail acharné » et la population « pour sa coopération avec les autorités ».

Cette tuerie, dont le bilan pourrait encore s’alourdir, est d’ores et déjà la pire qu’ait connue le Canada. Le 6 décembre 1989, un homme avait tué par balles quatorze jeunes femmes à l’Ecole Polytechnique à Montréal, lors du premier féminicide de masse du pays – du moins le premier recensé en tant que tel.

Sur le même sujet
Plus d'actualité