Coronavirus : Ces Belges qui ne peuvent pas télétravailler

Le télétravail n’est pas possible pour tout le monde. En pleine pandémie, ils sont nombreux chaque jour à devoir se rendre encore au boulot, non sans inquiétude. 

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“Tout le monde chez soi !” Depuis mercredi midi tapante, selon les nouvelles mesures de confinement, les citoyens sont tenus de rester chez eux. Certaines exceptions existent. Faute de pouvoir télétravailler ou sur ordre de leur employeur, ils sont nombreux à devoir encore se déplacer afin d’aller au boulot. Le corps médical et les salariés du secteur alimentaire, en tête de liste. Les premiers, pour qui on applaudit tous les soirs à 20h, sont soumis à rude épreuve, alors que l’épidémie de coronavirus prend de l’ampleur et risque d’engorger les hôpitaux. Les seconds, eux aussi largement exposés, nourrissent une population confinée et anxieuse en ces temps incertains. Ils méritent également nos applaudissements. Mais ils ne sont pas les seuls.

Jennifer est institutrice. Malgré la suspension des cours, elle doit toujours se rendre sur son lieu de travail pour accueillir les enfants dont les parents sont dans l’impossibilité de les garder à la maison. “Ce sont principalement des enfants du personnel soignant”, explique celle qui doit se rendre une fois par semaine à l’école communale de Braine-Le-Château. “C’est là ma seule inquiétude. Ce sont les enfants des personnes qui sont en première ligne et ont le plus de risques d’être contaminés. Donc leurs enfants aussi. C’est stressant, mais je trouve cela tout à fait normal de devoir garder ces enfants-là.” Pour protéger la santé des enseignants et des élèves, l’organisation de l’école a fortement changé. Plus de récré, plus de nouvelles matières, plus de câlins. Divisés en petits groupes “pour avoir le moins d’enfants possibles par locaux”, les élèves dont la température est prise chaque matin s’ennuient rapidement. En ces temps troublés et anxiogènes, cette mère de deux enfants, âgés de 11 mois et de 4 ans, peut compter sur un point positif : son salaire reste inchangé. “J’ai vraiment de la chance.

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© BELGA PHOTO ERIC LALMAND

Ce n’est pas le cas de Kevin, plombier chauffagiste. Pour limiter ses déplacements et tout risque de contamination, cet indépendant ne s’occupe plus que des urgences. En une semaine, il a réalisé cinq interventions, contre cinq par jour habituellement. “Mes fournisseurs sont totalement fermés. À un certain moment, ça va devenir problématique. Si ça continue durant plusieurs mois, ça va être très difficile aussi financièrement. Je n’ai plus de revenus”, confie-t-il, appelant la population à respecter au maximum le confinement pour “sortir le plus vite possible de cette crise”.

Pour Caroline*, la situation est encore différente. Assistante administrative dans une agence immobilière, cette jeune femme qui ne préfère pas divulguer son vrai prénom, ni le nom de son entreprise, doit toujours se rendre sur son lieu de travail. En pleine crise sanitaire, la charge de boulot est pourtant fortement réduite. “Au début, je me déplaçais tous les jours, en transports en commun. Depuis les nouvelles mesures, on fait une tournante avec mes collègues et je dois me rendre une demi-journée, une à deux fois par semaine, pour le courrier”. Grâce cette méthode, Caroline* est seule dans l’immeuble. “Ils essaient d’éviter tout contact social pour notre santé, c’est positif, mais c’est vraiment bizarre comme sensation », confie-t-elle, stressée par ses rues vides, des images apocalyptiques. Pour se rassurer, l’employée ne peut que respecter à la lettre toutes les mesures de précaution lorsqu’elle sort de chez elle.

La liste des services essentiels

En pleine crise sanitaire, d’autres employeurs refusent encore le travail à domicile à leurs salariés dont les métiers s’y prêtent pourtant. Les appels répétés de Sophie Wilmès sont pourtant clairs : si votre fonction le permet, c’est obligatoire, « sans exception ». Certains services, cruciaux et essentiels, échappent tout de même à la règle du télétravail généralisé ou d’une distanciation sociale sévère. À commencer bien sûr par le secteur des soins de santé, avec les institutions de soins mais aussi les pharmacies et l’industrie pharmaceutique, et les services de prévention. Mais aussi les services d’asile et migration ; la télécommunication ; les médias et journalistes ; la collecte et le traitement des déchets ; la police ; les gouvernements et parlements et leurs services ; la Justice ; l’administration des douanes ; le transport ; les fournisseurs et transporteurs de carburant et combustibles ; l’ensemble de la chaîne alimentaire ; les hôtels ; les pompes funèbres ; les services postaux ; l’énergie et la finance ainsi que les lieux d’accueil et d’enseignement. La liste est longue.

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