Covid-19: les opérateurs ne craignent pas une saturation du trafic internet

L’augmentation du télétravail et du streaming se reflète dans les chiffres sur le nombre de connexions en ligne. Les opérateurs assurent qu’ils sont largement prêts à tenir le coup. Et qu’ils ont même encore de la marge.

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C’est un phénomène constaté à l’échelle continentale. Dans plusieurs pays, les réseaux internet et mobile sont particulièrement mobilisés. En cause : le confinement de la population, forcée à travailler et à se distraire depuis son petit chez-soi. En Italie, la fermeture des écoles a provoqué immédiatement une augmentation de 70% des connexions sur le réseau fixe. Même chose en Espagne à hauteur de 40%. La fédération française des télécoms appelle même à la « responsabilité numérique » en ne surchargeant pas les réseaux avec des services gourmands en data comme Netflix ou Fortnite. Mais qu’en est-il en Belgique ? Les opérateurs sont-ils bien préparés ?

Une modification des habitudes qui ne pose pas de problème

Il faut d’abord noter que le plat pays est dans une situation très différente de celle des pays cités ci-dessus. Les réseaux, qu’ils soient fixe ou mobile, sont classés parmi les meilleurs d’Europe. Cette particularité est due à un paramètre essentiel : la densité de population. Elle induit la mise en place d’une meilleure infrastructure, ce qui est plus difficile à mettre en œuvre en France par exemple où les petits villages sont légion.

Il n’empêche, comme dans les autres États, on constate aussi une augmentation du trafic en ligne. L’institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT) se fait particulièrement rassurant à ce propos : « À l’heure actuelle, cela ne pose pas de problème pour les réseaux. On est tous les jours en contact avec les opérateurs pour savoir s’il y a des problèmes, mais le seul souci concerne le pic d’interconnexions entre un réseau x et y. On constate plus globalement qu’il y a une augmentation jusqu’à 50% concernant la consommation du réseau fixe qui contraste avec une baisse jusqu’à 35 % pour le data mobile le lundi 16 mars. Cela veut dire que les gens, vu qu’ils sont chez eux, se connectent plus au wifi qu’à l’accoutumée et qu’ils délaissent leurs mobiles quand ils veulent aller sur internet ».

Une marge de sécurité élevée

Si l’on décortique un peu plus les changements des habitudes en ligne, on constate que le pic de connexion a changé de nature. En temps normal, il se situe logiquement en soirée, la population étant au travail durant la journée. Le Covid-19 rabat aujourd’hui les cartes. « Désormais, ce pic s’étend progressivement à toute la journée, notamment à midi. Encore une fois, cela ne veut pas dire qu’il y a un risque de saturation. Les marges sont encore bien élevées avant que cela ne pose un réel problème, même si on ne peut pas communiquer sur la teneur exacte des maximums possibles de connexion. Ce que l’on peut dire, c’est que même si l’on se rapprochait de ce plafond, les opérateurs abaisseraient progressivement la vitesse de connexion de telle façon que le consommateur ne le remarquerait pas, même pour du streaming sur Netflix. Cela permet seulement aux opérateurs de protéger leurs réseaux », garantit Jimmy Smedts, porte-parole de l’IBPT.

S’il y a bien un risque de saturation, ce n’est pas du côté des opérateurs mais des réseaux privés, comme pour les cours en ligne, l’e-commerce… Mais pour l’instant, l’IBPT n’a pas eu vent de difficultés majeures de ce point de vue-là. Dernier point rassurant : les recommandations sur la « responsabilité numérique ». En Belgique, faire la même chose que la fédération française des télécoms ne semble pas d’actualité. « Nous n’avons pas encore de recommandations similaires en Belgique. Cela sera le cas si le risque de saturation se fait plus concret mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Pas besoin de changer ses habitudes ou ses envies », assure Jimmy Smedts.

Si jamais les opérateurs font face à une congestion exceptionnelle (ce qui est très improbable), une procédure est prévue : « La réglementation concernant l’internet ouvert permet de traiter « autrement » certains services, mais cette mesure doit alors être proportionnelle et non discriminatoire. Cela signifie que les opérateurs doivent d’abord analyser la situation pour déterminer s’il vaut mieux adopter un ralentissement qu’un blocage d’une partie du réseau. Ensuite, si le blocage est choisi, il faut que tous les services d’une certaine catégorie de trafic (par exemple vidéo) soient bloqués. Mais cette situation est un dernier recours et nous souhaitons absolument l’éviter », conclut le porte-parole de l’IBPT.

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