Une « meute de hyènes » : Frédéric Beigbeder et Natacha Polony attaquent Foresti et Despentes

L’écrivain et la journaliste ont rouvert deux fronts dans la lutte des César 2020. En chœur, ils attaquent frontalement Florence Foresti et Virginie Despentes, deux figures opposées à Polanski. Autant dire qu’ils ne mâchent pas leurs mots.

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« Ma tête va être mise à prix après ça ». En commençant sa chronique, Frédéric Beigbeder sait déjà très bien où il met les pieds. Mais la tentation de donner son avis sur les incidents des César est trop grande. Il faut qu’il parle ! C’est donc à la grande surprise des journalistes d’« Europe 1 » qu’il fait son plaidoyer pour Polanski et contre Florence Foresti. Au même moment, dans « Marianne », Natacha Polony répond point par point avec la même virulence à une tribune publiée par Virginie Despentes début de semaine.

Beigbeder vs. Foresti : « Elle est écœurante »

« Action, réaction », dit le proverbe. Ici, la réaction ne manque pas, et se fait même bien plus cinglante que l’action. Se désolant d’une cérémonie « particulièrement répugnante », il centre vite son discours sur « une meute de hyènes en roue libre ». « Chacun y est allé de son sketch pas drôle, comme dans un spectacle du Club Med », dit-il.

Évidemment, quand il parle de « sketch », il pense tout particulièrement à l’humoriste recrutée pour être animatrice de la soirée. « Cette pauvre Florence Foresti qui s’est fait connaître par des imitations costumées chez Ruquier se prend désormais pour une grande intellectuelle obligée de dispenser son opinion sur le bien et le mal. […] Elle se dit écœurée, elle est écœurante. […] Elle condamne 50 ans après les faits, considère que de nouvelles accusations prescrites et non prouvées suffisent à juger un homme sans avocat. Elle reproduit la tragédie que raconte Polanski », conclut-il.

Interrogé ensuite sur le fait que plusieurs personnalités ont quitté la salle des César pour protester contre Polanski, l’écrivain se montre également assez dur : « c’est un peu gênant de se lever avec un film sur le sujet des femmes violées dans les camps de concentration. Je pense que la cérémonie des César, c’est sur les films, pas sur l’auteur ».

Cette position sur Florence Foresti s’inscrit dans la même logique de ce qu’il nous racontait dans les colonnes de « Moustique » il y a quelques jours. « Quand l’humour devient militant et passe son temps à donner des leçons de morale, ça donne envie d’être libre face à ces humoristes qui ne doutent jamais. C’est très important de changer le monde et de défendre la veuve et l’orphelin, mais est-ce que c’est vraiment le rôle d’un humoriste ? », disait-il.

Polony vs. Despentes : au secours des hommes

Si Frédéric Beigbeder nous décrivait Virginie Despentes comme une « copine », une autre personne l’apprécie beaucoup moins : Natacha Polony. Le tort de Despentes ? Avoir fait une tribune sur Polanski et se révolter violemment contre des hommes qui se croient tout-puissants. Encore une fois : action, réaction.

D’emblée, la journaliste tient à différencier viol et remarques sexistes, comme elle accuse Despentes de faire : « Jamais je n’aurais l’indécence de mettre cela sur le même plan qu’un viol, de me faire croire que nous sommes toutes « victimes », dans une sorte de continuum, victimes du patriarcat bourgeois, des « dominants » ».

« Oserait-on dire qu’on sent comme une légère haine des hommes dans ce texte ? Comme une essentialisation un rien abusive ? Mais on a le droit, on dénonce les « dominants » », s’insurge-t-elle. Elle semble même se donner pour tâche de réhabiliter la gente masculine : « Et, petit message aux hommes : en fait, nous sommes assez nombreuses à les aimer. Avec leurs défauts, leurs faiblesses. Avec leur virilité plus ou moins bien assumée. Nous sommes même assez nombreuses à aimer le désir masculin. La façon qu’a un homme de regarder une femme et de la trouver attirante. Parce que tout regard de désir d’un homme sur une femme n’est pas forcément cette violence prédatrice qui mérite d’être dénoncée, d’être jugée et d’être sanctionnée ».

Alors que la bataille des César fait rage, les réseaux sociaux se parent d’un hashtag : #JeSuisVictime. Dénonçant les violences sexuelles, les messages s’y identifiant ont enflammé la toile. Il est désormais aussi viral que ceux parés de #Balancetonporc.

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