Coronavirus : Maggie De Block dénonce les pays n’exportant plus de masques

La ministre fédérale de la Santé a visé tout particulièrement deux pays pour leurs mesures visant à garder leurs masques de protection. Au-delà de ce litige, c’est la question de leur utilisation sur le marché qui se pose.

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« Ce n’est pas ça, l’esprit de l’Union européenne », s’énerve-t-elle. La formule se veut choc et à l’image de l’urgence de la situation. Alors que les ministres de la Santé européens sont assemblés ce vendredi pour parler de la menace du coronavirus, la représentante belge a tapé du poing sur la table. Il est inacceptable selon elle que des pays arrêtent l’export de masques de protection médicale afin de les garder chez eux.

En recherche désespérée de solutions

« Je trouve que nous devons être solidaires dans la répartition des masques de protection », affirme Maggie De Block. Dans sa ligne de mire, l’Allemagne et la République tchèque, qui ont proclamé cet arrêt de leurs exportations. Si cela leur permet de limiter la pénurie latente de masques chez eux, cela met la Belgique dans une situation très délicate. Le plat pays ne possède en effet pas d’entreprises dédiées à ce type de protection. Il faut donc aller les chercher ailleurs. Si ces autres pays ferment leurs frontières, la Belgique se retrouvera sans masques.

Si cette situation est préoccupante, c’est surtout que ces masques sont essentiels pour le travail en hôpital. En France, la solution est de réquisitionner une entreprise pour les fabriquer à plus grande échelle. En Belgique, même si la situation est différente, les responsables politiques tentent quand même de trouver des solutions. C’est notamment ce que l’on apprend de la bouche du ministre des PME et des indépendants, Denis Ducarme. « J’ai eu une rencontre avec l’entreprise louviéroise Pharmasimple. On sait qu’au niveau du marché, le prix des masques est en train de s’envoler et l’on parle même de pénurie au niveau mondial. On a la chance en Wallonie d’avoir une entreprise qui achète un certain nombre de productions à destination du personnel soignant. Elle s’engage à fournir à la Belgique plusieurs millions de masques en quelques jours, et c’est donc une opportunité que j’ai communiquée à mes collègues du gouvernement, et qui va nous permettre de répondre à la pénurie », dit-il.

Des masques efficaces mais pas pour tous les cas

La colère de Maggie De Block remet aussi sur la table la question de l’efficacité des masques de protection. Achetés en grande quantité depuis le début de l’épidémie de coronavirus, ils ne sont qu’efficaces que dans certains cas. En l’occurrence, leur utilité est reconnue pour les personnes déjà malades. Le but est de limiter la propagation de la maladie par voie respiratoire.

Mais en ce qui concerne les personnes non-malades, la situation est toute autre. Si le masque est essentiel dans le cadre très spécifique d’un hôpital, il n’est en revanche presque d’aucune utilité pour le commun des mortels. La raison : ils laissent passer de l’air non filtré puisqu’ils ne sont pas collés à la peau. La pénurie de masques est donc en partie due à une peur qui s’avère en réalité excessive.

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